Albert Soued – Obama : Six ans de dégâts au Moyen-Orient

Obama a pris le parti d’installer la Confrérie des Frères Musulmans au pouvoir au Moyen Orient, partout où l’opportunité se présentait. Il s’est entouré d’une dizaine de conseillers musulmans plus ou moins affiliés à la Confrérie. Les émeutes du Caire de l’automne 2011 ne cherchaient qu’à démocratiser le pays. Sous l’impulsion d’Obama, Moubarak a démissionné en février 2012, laissant la rue aux salafistes de la Confrérie qui se sont vite emparés du pouvoir. Pendant un an, le président Morsi a fini de saigner le pays, tout en réprimant la minorité chrétienne copte, dont 200.000 membres ont quitté le pays. Au grand dam de l’équipe Obama, le peuple pacifique s’est révolté en masse contre les exactions de la Confrérie, plus de 30 millions d’Égyptiens étant descendus dans la rue, ce qui est exceptionnel. En opposition avec Obama, l’armée avec le général Abdel Fattah al Sissi a repris le pouvoir pour ramener le calme dans le pays.
 
Il est manifeste qu’un pouvoir extérieur cherche, aujourd’hui, à déstabiliser l’Égypte.
Al Sissi est amené à se battre contre les extrémistes de la Confrérie, contre l’État Islamique au Sinaï et contre les terroristes infiltrés de la bande de Gaza.
En ce qui concerne les 23 tribus qui peuplent le Sinaï, on peut se demander si ce n’est pas l’argent du Qatar qui les a retournés en faveur des salafistes de la Confrérie et de l’Etat islamique.
 
Après maintes tergiversations, l’administration Obama a réuni une coalition hétéroclite d’états pour contribuer “au bombardement aérien” de l’Etat islamique en Irak comme en Syrie. Des “piqûres de moustique”, comparés aux bombardements pratiqués dans le passé en Afghanistan contre les Talibans. De plus, au milieu de négociations difficiles avec l’Iran sur son programme nucléaire, Obama demande l’aide de ce pays pour contenir l’Etat islamique…
 
Après, sa cuisante défaite aux élections de mi-mandat, la rage d’un Obama narcissique risque de faire quelques ravages. Il gouvernera par décrets, sans consulter le Congrès, mais il ne pourra pas le faire longtemps. En 6 ans, il a inféodé certains rouages de l’Etat, comme la Cour d’Appel du district de Columbia, dont la majorité des juges lui est acquise. Il pourra casser certaines décisions du Congrès.
En ce qui concerne le Moyen Orient, 2 sujets d’importance restent en suspens :
– pour satisfaire son ego, la signature par Obama d’un mauvais accord avec l’Iran, lui laissant la capacité d’enrichir de l’uranium et la possibilité d’obtenir une arme nucléaire à court terme
– au Conseil de Sécurité de l’Onu, Obama n’oppose pas son veto à une demande de reconnaissance d’un état palestinien fantôme, présentée par Abou Mazen, président sans mandat depuis fort longtemps.
 
Syrie
Les Etats-Unis ont encouragé les rebellions contre le pouvoir minoritaire alaouite des Assad, mais ne leur ont envoyé aucun soutien matériel. Obama avait fixé une ligne rouge dans l’usage d’armes chimiques par Bashar el Assad. Cette ligne rouge a été franchie, mais les Etats-Unis n’ont pas réagi. Obama s’est réfugié derrière une proposition russe d’élimination du stock d’armes existant, sans qu’on soit assuré que la totalité de ce stock ait été effectivement détruit en mer. La mollesse de la position américaine dans la guerre civile qui a suivi les rebellions initiales a entraîné la destruction du pays avec 250.000 morts, 2 millions d’expatriés et 4 millions de déplacés intérieurs sur une population inférieure à 20 millions d’habitants. Protégée par la clique des Assad, la minorité chrétienne a pratiquement disparu aujourd’hui et 40% du pays est occupé par l’Etat islamique.
 
Irak
Le général Petraeus avait brillamment réussi à pacifier le pays après l’invasion américaine de 2003 qui a éliminé Saddam Hussein. Le président Bush avait décidé en 2006 un retrait progressif des troupes américaines, l’armée irakienne devant prendre le relais, quand cela était possible. Obama a décidé un retrait total, sans s’assurer du relais irakien. La minorité sunnite dans l’armée, qui s’est sentie brimée sous le ministère de Nouri al Maliki, un shiite inféodé à l’Iran, a vite fait de se rendre aux insurgés salafistes, avec tout son équipement américain. Bien organisés et bien dirigés par Abou Bakr al Bagdadi, ces insurgés, devenus riches par les razzias des banques et des puits de pétrole, se sont transformés en Etat islamique, en promettant “monts et merveilles” aux chefs de tribus locales, qui se sont aussitôt ralliées. Cet état qui empiète sur la Syrie occupe aujourd’hui plus du tiers du pays, arrivant aux portes de Bagdad. Toutes les minorités non musulmanes, notamment les yazidis, sont progressivement assujetties ou éliminées, de même que les shiites.
Pour ne pas perdre son influence sur l’Irak, l’Iran a permis à la brigade al Qods, sous le commandement de Kassem Souleimani, d’intervenir pour contenir l’Etat islamique dans son offensive vers Bagdad.
 
Autorité palestinienne
Malgré les déclarations officielles aussi bien des dirigeants du Hamas que ceux du Fatah, prônant la disparition d’Israël et une Palestine arabe allant du Jourdain à la mer, malgré les différentes guerres et intifadas imposées par les terroristes du Hamas et du Fatah à l’Etat d’Israël, Kerry et l’administration Obama persistent à vouloir imposer “une solution à 2 états”, qui apparaît de jour en jour, depuis 20 ans, comme non viable et dangereuse pour la région.
Les terroristes palestiniens qui tuent des bébés et des passants à la voiture bélier sont encouragés et glorifiés par le Hamas/Autorité palestinienne, entité reçue en grande pompe à la Maison Blanche et gratifiée de 5,5 Milliards $ pour reconstruire Gaza, détruite partiellement par Israël, en représailles à des attaques de missiles, sur son territoire, et d’infiltrés armés, sous son territoire.
Voici ce que pense un journaliste palestinien objectif, Bassam Tawil, d’un éventuel état palestinien et de la situation au Moyen Orient :
“A en juger par leurs actions, la plupart des dirigeants arabes ne veulent pas créer encore un autre État terroriste islamiste, dédié à l’idéologie des Frères Musulmans et au renversement de leurs régimes. Nous voulons un État palestinien, mais je vous en prie, seulement celui qui fournira une gouvernance responsable.
Selon la “rue arabe”, ce sont les Américains et les Européens qui sont lâches (et non pas Nétanyahou), ils ont peur de prendre des mesures significatives contre l’Iran et sont terrifiés par les ghettos islamiques dans leurs villes, qui exportent les terroristes pour se battre pour l’État islamique, fournissant des logements pour les combattants aguerris qui en reviennent.
Pour les Arabes, l’ironie ultime est que l’Amérique paie le Qatar pour y avoir une base aérienne, tandis que le Qatar paie des terroristes pour tuer des Américains.
Quand John Kerry a déclaré que c’était la question palestinienne non résolue qui a provoqué un effet d’entraînement qui a emballé ISIS (Etat Islamique), il a simplement inspiré les Palestiniens pour utiliser la mosquée Al-Aqsa comme déclencheur religieux de futures effusions de sang”.
 
Albert Soued

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577 1 Nov 7, 2014

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