LIBAN – Mille huiles sur mille feux…

L’ancien directeur général de la Sûreté générale, Jamil Sayyed, est rentré samedi à Beyrouth, deux jours après sa convocation par le procureur général, Saïd Mirza, entouré des députés du Hezbollah et de certains députés du CPL, déterminés à le « protéger » sur le double plan politique et sécuritaire jusqu’au bout et visiblement à n’importe quel prix.

À l’aéroport international Rafic Hariri, où il a été reçu sur le tarmac par le responsable de la sécurité et de la discipline du Hezb, Wafic Safa, puis emmené au salon d’honneur sans que le ministère des Affaires étrangères n’en soit nullement informé, Jamil Sayyed, devant les députés du Hezb et d’autres du CPL du général Aoun, a donné une conférence de presse d’une rare violence au cours de laquelle il s’est attaqué au Premier ministre Saad Hariri, au Courant du futur ainsi qu’au procureur général Saïd Mirza, menaçant d’avoir recours à la rue « s’il le faudrait » pour que « justice soit faite ». Et juste avant lui, c’était le député hezbollahi Nawwaf Moussaoui qui s’était livré au même exercice, précisant que les députés présents représentaient le mouvement Amal et son chef, le président de la Chambre Nabih Berry, qui n’avaient délégué personne à l’aéroport.

« Que tous ceux qui m’entendent au Liban et à l’étranger sachent que ce qui se passe aujourd’hui dans le pays n’est pas un coup d’État ni un conflit avec la justice, comme se plaisent à répéter certaines parties de la majorité et du 14 Mars pour ouvrir la voie aux ingérences externes. Ces manifestations et cet accueil s’inscrivent dans une démarche de soutien à la vraie justice et à l’État. Cette justice ne peut exister tant que les faux témoins et ceux qui les manipulent ne seront pas jugés », a ainsi déclaré Jamil Sayyed. S’adressant au PM Saad Hariri, l’ancien directeur général de la SG a affirmé que les gens qui l’entourent, à l’instar de Saïd Mirza, Detlev Mehlis et Achraf Rifi, doivent se retrouver dans une prison du Liban ou de La Haye, accusant le PM d’avoir été, depuis 2005, leur complice pour « être à la tête du pouvoir ». « Ce que vous avez fait est le véritable coup d’État. La justice doit remonter jusqu’à ceux qui ont planifié et fabriqué les faux témoins, orientant l’enquête vers une fausse piste qui a entraîné des catastrophes entre le Liban et la Syrie », a-t-il ajouté.

Signalons que dans une interview recueillie hier par l’AFP, Jamil Sayyed a qualifié d’« illégales de facto » les poursuites lancées par la justice contre lui. « Dans un pays comme le Liban, quand vous recourez à la loi, on se moque de vous. Vous êtes donc obligé d’avoir recours à une démonstration de force politique ou populaire pour protéger vos droits et pour la bonne application de la loi », a-t-il jugé.

La cinglante réponse de Rifi

Dans un communiqué publié le même jour, soit samedi, le directeur général des FSI, le général Achraf Rifi, a vertement répondu à Jamil Sayyed : « C’est en prison que vous et vos semblables assassins que vous protégez devez croupir. Saïd Mirza et Wissam Hassan méritent des médailles pour ce qu’ils ont fait dans l’affaire des faux témoins. Vos aboiements ne serviront à rien et vos tentatives d’occulter le vrai problème, l’assassinat des martyrs, échoueront », écrit le général Rifi, assurant que les criminels seront bientôt sous les verrous. « Nous nous retrouverons en justice », a-t-il également promis.

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