L’âge du chaos nucléaire d’Obama

Par Caroline B. Glick
 
D’abord publié dans le ‘Jerusalem Post’
 
Le 17 juillet 2015
 
https://www.jewishworldreview.com/0715/glick071715.php3#C4fzuh5QMyWxDkKy.99
 
Adaptation française de Sentinelle 5775 ©
 
Mardi dernier, nous sommes entrés dans un nouvel âge nuléaire.
Dans le vieil âge nucléaire, l’Occident conduit par les USA avait un système de prévention de la prolifération des armes nucléaires. Il reposait sur trois composantes : sanctions, dissuasion et force militaire. Ces dernières années, nous avons assisté au déploiement réussi des trois.
A la suite de la guerre du Golfe en 1991, le Conseil de Sécurité de l’ONU imposa de dures sanctions au régime en Irak. L’un de ses objectifs était d’empêcher l’Irak de développer des armes nucléaires. Après l’invasion de l’Irak conduite par les USA en 2003, nous avons appris que les sanctions avaient été efficaces. Saddam avait largement abandonné son programme nucléaire du fait de la pression des sanctions.

L’invasion conduite par les USA terrifia plusieurs Etats voyous dans la région.Dans les deux à trois années suivant immédiatement l’invasion, la force dissuasive de l’Amérique s’éleva à des hauteurs sans précédents.
Comme pour la force militaire, l’installation nucléaire que le dictateur syrien Bashar Assad avait construit à Deir a-Zour avec l’argent iranien et des techniciens Nord-Coréens n’a pas été détruit par des sanctions ou la dissuasion. Selon les rapports des media étrangers, en septembre 2007, Israël a conclu que ces voies pour empêcher la prolifération nucléaire en Syrie seraient dénuées de succès.
Aussi le Premier ministre de l’époque Ehud Olmert ordonna-t-il à Tsahal de le détruire. L’éclatement de la guerre civile syrienne trois ans plus tard a empêché Assad et ses patrons iraniens de remettre en route le programme jusqu’à aujourd’hui.
L’ancien régime de non prolifération nucléaire était hautement mensonger.
Le Pakistan et la Corée du Nord ont exploité les faiblesses des composantes sanctions et dissuasion suivant la Guerre Froide pour développer et faire proliférer les armes et technologies nucléaires.
A cause de la faiblesse américaine, aucun n’a payé un prix significatif pour ses actes.

Pourtant, pour tous ces mensonges et fuites, le dommage causé au système de non prolifération du fait de la faiblesse américaine à l’égard du Pakistan et de la Corée du Nord ne sont rien comparées à la destruction apportée par l’accord de mardi dernier avec l’Iran

L’accord ne démontre pas simplement que les USA ne veulent pas faire payer un prix à des Etats qui développent de façon illicite des armes nucléaires. Les USA et leurs alliés viennent de conclure un accord qui les oblige à faciliter les efforts nucléaires de l’Iran.
Non seulement les USA et leurs alliés lèvent les sanctions imposées à l’Iran au cours de la décennie passée, et font ainsi couler le flux de 150 milliards au  trésor des ayatollahs, mais encore ils vont aider l’Iran à développer des centrifugeuses avancées.
Ils se sont même engagés à protéger les installations nucléaires de l’Iran contre des attaques et des sabotages.

Suivant cet accord, dans cinq ans, l’Iran aura un accès illimité au marché international des armes conventionnelles. Dans huit ans, l’Iran sera en mesured’acheter et de développer tous les systèmes de missiles qu’elle désire. 
Et dans dix ans, la plupart des limitations sur son programme nucléaire seront levées.
Parce que l’accord permet à l’Iran de développer des centrifugeuses avancées, quand l’accord prendra fin dans dix ans, l’Iran sera en position de développer des armes nucléaires immédiatement.
En d’autres termes ; si l’Iran se plie à l’accord, ou n’est pas punie pour le transgresser, dans dix ans le plus grand Etat parrain du terrorisme dans le monde sera riche, en possession d’une armée modernisée, d’un arsenal de missiles balistiques capables de transporter des têtes nucléaires vers n’importe quel point de la terre, et les têtes nucléaires elles-mêmes.
Face à cette nouvelle réalité nucléaire, les Etats de la région, y compris la Jordanie, l’Egypte, l’Arabie saoudite, la Turquie et peut-être les Emirats, commenceront à développer des arsenaux nucléaires. Daesh utilisera probablement les résidus des programmes nucléaires irakiens et syriens pour bâtir son propre programme nucléaire.
Dès maintenant, les chances sont faibles pour que le Congrès torpille l’accord de Barack Obama. Celui-ci et ses soutiens prévoient de dépenser d’immenses efforts pour bloquer les efforts des Républicains en vue de convaincre 13 Sénateurs Démocrates et 43 membres  Démocrates du Congrès de voter contre l’accord pour atteindre le vote à la majorité des 2/3 nécessaire pour annuler la participation américaine à l’accord.
Malgré les faibles chances, les opposants à l’accord, y compris Israël, doivent faire tout ce qu’ils peuvent pour convaincre les Démocrates de voter contre en septembre. Si le Congrès rejette l’accord, le chaos nucléaire qu’Obama a déployé mardi dernier pourra être réduit plus facilement par son successeur à la Maison Blanche. 
Si le Congrès rejette l’accord, alors les sanctions américaines contre l’Iran resteront en vigueur. Bien que la plus grande part de l’argent qui affluera vers l’Iran suite à l’accord soit aujourd’hui gelé du fait des sanctions multilatérales, il sera donc transféré à l’Iran sans égard à l’action du Congrès, maintenir les sanctions des USA rendra plus facile les mesures nécessaires pour démanteler cet accord politiquement et administrativement lors du remplacement d’Obama.
Du fait que l’argent va affluer en Iran quel que soit le vote du congrès, de même le chemin de l’Iran vers la bombe est ouvert quel que soit le vote du congrès.
Selon un scénario, si le Congrès rejette l’accord, l’Iran s’en écartera et intensifiera ses activités nucléaires de façon à devenir un Etat au seuil nucléaire aussi vite que possible. Puisque l’accord a détruit toute coalition internationale potentielle contre un programme illégal de l’Iran, personne ne donnera le coup de fouet.
Obama sera profondément amer si le Congrès rejette son « résultat historique ». On peut s’attendre à ce qu’il en fasse aussi peu que possible pour appliquer le régime des sanctions contre ses camarades du régime iranien. Il ne prendra certainement aucune mesure militaire contre le programme nucléaire de l’Iran.
Par conséquent, quelle que soit l’action du Congrès, l’Iran sait qu’elle dispose de la voie libre pour développer des armes nucléaires au moins jusqu’à la prochaine passation de pouvoir présidentiel le 20 janvier 2017. L’autre résultat possible d’un rejet de l’accord par le congrès est que l’Iran se maintiendra dans l’accord et que les US ne soient le dindon de la farce.
Dans une tentative pour lier les mains du successeur et rendre le Congrès impuissant à infléchir ses actes le jour avant la conclusion de l’accord, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power a fait circuler un projet de résolution contraignant aux  membres du Conseil de Sécurité, qui interdirait à tout membre de prendre une mesure diminuant la validité de l’accord.

Si la résolution passe – et il impossible d’imaginer un échec – alors l’Iran pourra rester dans l’accord, développer les bombe avec le soutien international et les USA seront en désaccord avec une résolution contraignante du conseil des Sécurité de l’ONU.
Etant donné que selon tous les scenarii, l’accord de mardi dernier assure à l’Iran de devenir un Etat au seuil du nucléaire, il faut assumer que les voisins de l’Iran vont maintenant rechercher leurs propres options nucléaires.

De plus, à la lumière du court-circuit d’Obama autour du Congrès, il est clair que sans égard à l’action du Congrès, l’accord a déjà ruiné 70 années du système de non prolifération qui a empêché le chaos et la guerre nucléaires.
Après tout, maintenant que les USA ont capitulé face à l’Iran, son ennemi avoué et le plus grand Etat parrain du terrorisme, qui prendra au sérieux les appels américains dans le futur contre des proliférateurs nucléaires ?
Qui sera dissuadé par des menaces américaines du type « toutes les options sont sur la table » quand les USA ont donné leur accord pour protéger les installations nucléaires de l’Iran et développer des centrifugeuses avancées pour ces mêmes ayatollahs qui scandent chaque jour « Mort à l’Amérique » ?
Pour Israël, la destruction du régime de non prolifération de l’Occident signifie que, à partir de maintenant, nous vivrons dans une région bourdonnant d’activité nucléaire.
Jusqu’à mardi dernier, Israël  se fiait à l’Occident pour dissuader la plupart de ses voisins de développer des armes nucléaires. Et quand l’Occident a échoué, Israël s’est occupé de la situation en envoyant sa force aérienne.
Maintenant, Israël n’a aucun allié occidental pour se fier à des sanctions ou à sa dissuasion, et d’un autre côté, il n’a que des options limitées ou pas d’option militaire du tout contre bien des acteurs qui vont désormais chercher à développer des arsenaux nucléaires.
Observez la situation d’Israël. Comment Israël pourrait-il prendre des mesures contre un réacteur nucléaire égyptien ou jordanien par exemple ? Les deux Etats voisins travaillent avec Israël pour vaincre les forces jihadistes qui les menacent tous. Et cette coopération s’étend à d’autres menaces communes. Etant donnés ces liens étroits et constructifs, il est difficile de voir comment Israël pourrait envisager de les attaquer.
Mais d’un autre côté, les régimes d’Amman et du Caire sont sous une menace sans précédent.
En théorie, ils peuvent être renversés  à tout moment par des forces jihadistes, soit par les ‘Frères Musulmans’ ou par Daesh. C’est déjà arrive une fois en Egypte.  
Les mêmes réflexions s’appliquent à l’Arabie saoudite.
De même pour la Turquie, son appartenance à l’OTAN signifie que si Israël devait attaquer les sites nucléaires turcs, il courrait le risque de se placer lui-même d’en état de guerre non seulement avec la Turquie, mais aussi avec l’OTAN.

Suivant les options militaires limitées d’Israël, nous allons bientôt nous trouver sous une menace nucléaire constante. Dans ces circonstances nouvelles, Israël doit investir tous ses efforts dans le développement et le déploiement de défenses nucléaires actives.
L’une des clés dans ce domaine, c’est le système de défenses antimissiles, qu’Israël développe déjà. Mais des bombes nucléaires peuvent être lancées par nombre d’autres moyens.
Les bombes ‘ancienne manière’ lancées depuis des avions sont une option.
L’artillerie en est un autre. Même des camions suicides sont bons pour remplir la tâche.
Israël doit développer les moyens de se défendre contre tous ces moyens de transport nucléaire. Dans le même temps, nous devrons opérer dans des pays hostiles comme le Liban, la Syrie et partout pour détruire la livraison de matériel nucléaire qu’il soit livré par air, par mer ou par voie terrestre.
Voici venu le moment de mentionner qu’Israël peut toujours avoir la capacité d’attaquer les sites nucléaires de l’Iran. S’il le fait, il faut alors les attaquer aussi vite et efficacement que possible.
Non, une attaque israélienne réussie ne peut pas remonter le temps. Israël ne peut pas remplacer les USA en tant que superpuissance régionale, dictant sa politique à ses voisins. Mais une attaque réussie sur le programme nucléaire iranien avec l’adoption d’une stratégie vigilante et soutenue de défense nucléaire active peut constituer la base d’un système de défense nucléaire israélien fructueux.

Et non, Israël ne doit pas être excessivement soucieux de la manière dont Obama répondra à de telles actions.

Exactement comme la capitulation d’Obama face à l’Iran a détruit son influence chez nos voisins arabes, de même sa capacité à forcer Israël à se soumettre alors qu’il confère à l’Iran un arsenal nucléaire est sévèrement contrainte.  Comment punira-t-il Israël pour l’avoir défié ? En signant un accord nucléaire avec l’Iran qui détruit 70 années de stratégie de non prolifération nucléaire des USA, il autorise le régime iranien à croître en richesse tout en soulageant les sanctions, à devenir le leader régional tout en étendant son soutien au terrorisme et en développant des armes nucléaires ?
Dans des années, peut-être des historiens souligneront-ils le paradoxe qu’Obama, qui proclame à voix haute son objectif de rendre le monde sans armes nucléaires, a conduit à une ère de prolifération nucléaire massive et de chaos.
Israël n’a pas les moyens de réfléchir à ce paradoxe.
Un jour, les furies nucléaires qu’Obama a libérées pourraient se déployer à New York.
Mais leur chemin vers l’Amérique passe par Israël. Nous devons nous préparer à les détruire avant qu’elles ne traversent notre frontière.

Share This
455 9 Jul 21, 2015

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.