Caroline Glick – La puissance de l’indignation juive


Quand les Juifs se dressent contre les antisémites, ceux-ci reculent.
 
Par Caroline Glick, 20 août 2015
 
Adaptation française de Sentinelle 5775 ©
 
Peut-être devons-nous remercier les organisateurs du festival de reggae du ‘Rotodom Sunplash’ en Espagne. Ils viennent de nous procurer un cas d’école sur la nature de l’antisémitisme d’aujourd’hui et comme le vaincre.
 
Le week-end dernier, les organisateurs du festival ont annulé leur invitation à Matisyahu, l’artiste juif américain de reggae, parce qu’il refusait de céder à l’exigence des organisateurs de soutenir publiquement la « Palestine ».
 
Matisyahu était le seul Juif connu du festival et le seul chanteur soumis à une telle déclaration.
 
Plutôt que de se soumettre à ce mensonge, lundi Matisyahu rapporta l’épisode sur sa page Facebook en écrivant : « il était horrible et injurieux que ce fût le seul artiste juif américain publiquement programmé au festival et ils essayaient de me contraindre à des déclarations politiques ».
 
La rebuffade infligée à Matisyahu a déclenché un tollé juif à travers le monde. Le Ministère des affaires étrangères signifia une plainte au gouvernement espagnol.
 
Les organisations juives américaines les plus importantes et plusieurs organisations juives européennes ont condamné la discrimination flagrante contre Matisyahu.
 
 
Mardi, le principal journal d’Espagne, ‘El Pais’ condamna l’antisémitisme du festival. Le gouvernement espagnol suivit quelques heures après.
 
Mercredi, les organisateurs du festival publièrent des excuses humiliées à Matisyahu, et renouvelèrent leur invitation à faire sa prestation.
 
Les organisateurs déclarèrent qu’ils avaient été contraints à la discrimination contre Matisyahu par un groupe local de « BDS » (Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Le mouvement BDS de Valence avait recouru à des « pressions, menaces et à la coercition » et prévenu les organisateurs que ses membres « interrompraient sérieusement le fonctionnement normal du festival ».
 
Il y a deux leçons principales ici.
 
D’abord, le mouvement BDS ne cherche pas à mettre fin à la soi-disant occupation de la Judée, de la Samarie et de Jerusalem. Il ne recherche pas la paix.
 
En exigeant qu’un Juif américain dénonce Israël comme condition à sa prestation, le mouvement BDS a montré clairement que les seuls Juifs qu’il veut soutenir, ce sont les juifs antisémites. Seuls les Juifs que les activistes de BDS accepteront sur la place publique sont ceux qui les rejoindront en dénonçant Israël et les Juifs qui soutiennent Israël.
 
En d’autres termes, le but de BDS est de dénier aux Juifs leurs droits civiques. Tous les participants du mouvement – qu’ils soient non juifs ou juifs – sont des antisémites, parce qu’ils cherchent tous à arracher de la sphère publique les Juifs qui sont en désaccord avec eux.
 
La seconde leçon de l’affaire Matisyahu est qu’il est possible de vaincre ces gens haineux.
 
Les organisateurs du festival ont discriminé Matisyahu parce qu’ils craignaient plus la foule antijuive qu’ils ne valorisaient sa qualité d’artiste. Ils s’humilient désormais à ses pieds parce que le boomerang qu’ils ont reçu de la communauté juive mondiale pour leur comportement les a mis à genoux.
Quand les Juifs se dressent contre les antisémites, ceux-ci reculent.
 
En Occident aujourd’hui, la part la plus difficile pour se dresser contre les antisémites, c’est que la plupart des antisémites et les mouvements antisémites les plus puissants sont de Gauche, là où la majorité des Juifs se situent traditionnellement.
 
Bien que les USA soient beaucoup moins antisémites que l’Europe aujourd’hui, c’est aux USA que les Juifs vivent l’époque la plus difficile pour se défendre. La légèreté relative de l’antisémitisme aux USA fait que les Juifs antisémites se sentent à l’aise pour se joindre à des groupes de non juifs antisémites pour affaiblir Israël et la communauté juive.
 
Leur implication dans des organisations antisémites à leur tour, ainsi que la relative faiblesse de la menace en comparaison avec l’Europe, empêche les groupes juifs des courants principaux de discréditer les juifs hostiles et leurs groupes.
 
J Street a joué un rôle majeur ces dernières années pour parvenir à l’unité juive sur des questions liées à la fois à Israël et au combat contre l’antisémitisme sur les campus des collèges universitaires.
 
 
Le dossier en cours est la division commune sur l’accord nucléaire du président Obama avec l’Iran.
 
Cette semaine, 340 rabbins ont signé une missive au Congrès appelant les législateurs à signer l’accord nucléaire d’Obama avec l’Etat le plus grand parrain du terrorisme. La missive a reçu une publicité suffisante aux USA et a contribué à faire comprendre que la communauté juive se joint à Obama contre Israël en relation avec le pacte nucléaire.
 
Mais alors que les organisateurs ont proclamé que les signataires représentaient tous les courants du judaïsme américain selon une analyse entreprise par l’Organisation Sioniste de l’Amérique (ZOA), parmi les signataires, 187 sont membres du « cabinet rabbinique » de J Street.
 
ZOA a révélé qu’aussi bien que ‘Ameinu’, le groupe juif concepteur de la missive, et un groupe du front de J Street. Son président national Kenneth Bob est aussi le trésorier de J Street. Sa vice-présidente et directrice générale Judith Gelman est aussi une officielle de J Street.
 
J Street est si radical que son groupe universitaire de la jeunesse vient d’élire président national une musulmane.
 
La présidente Amna Farooqi a annoncé que J Street U n’est pas un groupe pro-Israël. Selon ses termes : « Nous ne sommes pas là pour échanger des conversations pro-Israël sur les campus. Nous sommes là pour parler de l’occupation ». Elle a déclaré que J Street U se consacrera à un « travail annuel contre l’occupation ».
 
 
Une raison particulière pour laquelle la communauté a évité d’incorporer J Street est liée à ses liens profonds avec la Maison Blanche d’Obama. Depuis 6 ans, la Maison Blanche a utilisé J Street comme arme stratégique d’influence. Le rôle assigné à J Street est d’empêcher la communauté juive de s’opposer à l’hostilité frontale du gouvernement Obama envers Israël et de bloquer la critique juive sur la volonté du gouvernement d’encourager et de légitimer les allégations antisémites.
 
Celles-ci incluent les accusations diffamatoires du ministre des affaires étrangères John Kerry prétendant qu’Israël s’apprêterait à devenir un Etat d’apartheid et que les Israéliens ne sont pas intéressés par la paix, ainsi que les insinuations récentes d’Obama comme quoi il y aurait quelque chose de fondamentalement déloyal dans le soutien des Juifs américains à Israël.
 
C’est un signe du pouvoir de J Street que malgré les 340 activistes qui ont signé la missive au congrès des rabbins pro-Iran inspirée par J Street, ils ne constitue que 6 pourcent des rabbins en
Amérique, et bien que deux tiers des Juifs américains s’opposent à l’accord, ni les mouvements réformateurs, ni les conservateurs, ni la conférence des Présidents des principales Organisations juives n’a donné son accord pour s’opposer ouvertement à l’accord.
 
Puis de nouveau, pour un groupe avec une ligne directe avec la Maison Blanche et apparemment des quantités illimitées d’argent, convaincre une communauté qui a voté à 75% pour Obama à deux reprises pour soutenir la Maison Blanche contre Israël, ça aurait dû « être du gâteau ». Pourtant, malgré tous ses avantages, alors que les mouvements conservateurs et réformistes ne sont pas parvenus à une opposition à l’accord, ils n’en sont pas venus non plus à le soutenir.
 
Mercredi, le mouvement réformiste a publié une déclaration annonçant qu’il refuserait de prendre position sur la question. Bien que soi-disant neutre, la déclaration critiquait l’emploi par le gouvernement d’antisémitisme dans ses attaques contre les opposants à l’accord en déclarant : « Nous sommes préoccupés… par l’éventualité que certains se serviront du débat pour alimenter des opinions antisémites ».
 
Avec même le mouvement réformiste refusant son soutien, il est difficile d’imaginer que le gouvernement sera en mesure de s’assurer le soutien de quelques groupes juifs d’importance en dehors de J Street et de NJDC – aile juive officielle de Parti Démocrate.
 
D’une part, l’échec de J Street est le témoignage de l’immense soutien à Israël parmi les Juifs américains. De l’autre, cela ramène à la colère commune contre le rabaissement antisémite par Obama de ses opposants juifs.
 
Mais une grande part du crédit du blocage des tentatives d’Obama de diviser la communauté revient à la diplomatie habile d’Israël, qui a mis au défi et donné de la puissance à des dirigeants juifs généralement timides, de se dresser contre la Maison Blanche et de résister à sa pression.
 
La volonté du premier Ministre Benjamin Nétanyahou de faire face à Obama et d’expliquer encore et encore que l’accord d’Obama met en danger Israël, met en difficulté les dirigeants juifs américains de le soutenir. Ils ne peuvent pas prendre la parole d’Obama au mot quand Nétanyahou leur démontre comment l’accord garantit que l’Iran acquerra des armes nucléaires ; sera bien placée pour parvenir à son objectif d’hégémonie régionale et de développer les moyens d’attaquer les USA avec des têtes nucléaires.
 
Il y a une leçon ici sur le rôle des diplomates israéliens dans le combat contre l’antisémitisme en Occident et la culture de l’unité juive dans la défense des droits juifs, même si les gauchistes cherchent à saper cette unité.
 
La leçon est qu’il n’y a aucun intérêt à essayer de parvenir à des compromis avec des antisémites, ou bien avec ceux poussant des projets qui mettent en danger Israël et menacent les droits civils de communautés juives en Occident. Israël gagne le plus en exigeant le plus et patiemment, clairement et de façon convaincante, en justifiant ses exigences.
 
Israël encourage les Juifs d’Occident – y compris les Juifs américains de Gauche – à se tenir à ses côtés, et de défendre leurs droits en les défendant sans se soumettre.
 
Cette vérité fondamentale démontre pourquoi les Israéliens doivent être encouragés et non pas préoccupés par les nominations d’ambassadeurs faites par Nétanyahou.
 
Son ambassadrice nommée en Italie, Fiamma Nierentstein, a consacré sa vie à défendre Israël et les droits des Juifs et à combattre l’antisémitisme en Europe. La décision de Nétanyahou de la nommer à Rome est un signe clair qu’il met fin à la pathétique berceuse des forces anti-Israël dans l’espoir de les apaiser, qui a caractérisé la diplomatie d’Israël depuis des décennies.
 
Les préoccupations de certains Juifs italiens de ce que la nomination de Nirentstein va soulever des allégations de double allégeance contre la communauté sont la preuve non pas que Nétanyahou ait fait une faute en nommant la fameuse journaliste juive et ancienne membre du Parlement italien pour représenter Israël, mais qu’il avait raison de la nommer.
 
Seule une combattante comme Nierenstein qui connaît la culture italienne de l’intérieur peut assurer que de telles allégations sont sans fondement et que les antisémites ressentent la même animosité que celle ressentie par les organisateurs du festival de reggae en Espagne cette semaine.
 
La décision de Nétanyahou de nommer Danny Danon ambassadeur à l’ONU provient de la même volonté de faire face plutôt que d’apaiser les antisémites. La défense impénitente par Danon des droits d’Israël sur la Judée et la Samarie a été attaquée par la Gauche comme preuve qu’il ne sera pas capable de s’entendre à l’ONU.
 
Mais bien sûr Israël ne peut s’entendre à l’ONU. La seule manière de se défendre lui-même dans un organisme dédié à le délégitimer est de combattre pour ses droits jour après jour. Voilà pourquoi quelqu’un qui ne fait pas d’excuses et ne se soucie pas d’être aimé est exactement la personne dont Israël a besoin à l’ONU.
 
Le rejet de Matisyahu et sa réinvitation à un festival de reggae est une histoire mineure dans le vaste champ des évènements d’aujourd’hui. Mais il nous apprend que nous pouvons combattre efficacement contre les antisémites à Gauche. Nous pouvons défendre nos droits et vaincre nos ennemis à Gauche si nous tenons nos armes et encourageons nos compagnons juifs – y compris les Juifs gauchistes – à faire de même.
 

Lire l’article original en anglais sur Jerusalem Post

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762 1 Aug 26, 2015

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