Le désastre de la stratégie de tension d’Erdogan

C’est un implacable engrenage de guerre civile. L’embuscade menée dimanche dans l’extrême sud-est du pays aurait fait 16 victimes parmi les militaires turcs selon l’armée, voire 32 selon les assaillants. C’est la plus sanglante depuis la reprise des affrontements, fin juillet, entre Ankara et la guérilla kurde. Depuis des années, aucune opération des militants Kurdes turcs du PKK n’avait causé, en une seule fois, autant de victimes. Les accrochages sont quotidiens depuis fin juillet et ont coûté la vie à quelque 70 militaires et policiers. Les bombardements et les opérations de représailles auraient, selon les autorités turques, permis d’éliminer un millier de «terroristes». Tout le sud-est du pays peuplé en majorité de Kurdes sombre dans la violence au point que certains observateurs s’interrogent sur la possibilité de pouvoir, dans certaines parties de la région, y mener normalement le scrutin anticipé du 1er novembre. L’évidence des effets dévastateurs de la stratégie de la tension du président islamo-conservateur M.Erdogan est là. Son parti l’AKP, au pouvoir depuis 2002, n’avait pas réussi à remporter la majorité le 7 juin à cause du rejet par une bonne partie de l’opinion des projets d’Erdogan pour l’instauration d’un régime présidentiel. Jusque-là, le «nouveau sultan», comme l’appellent ses adversaires, avait gagné toutes les élections et avait même été élu chef de l’Etat au suffrage universel en août 2014 dès le premier tour avec 50,2 %. Toujours pris dans son ubris, il a choisi l’escalade et a rallumé le conflit avec le PKK. Dans l’espoir de galvaniser encore un peu plus l’électorat nationaliste en vue d’un nouveau scrutin, rendu obligatoire par l’impossibilité de constituer un gouvernement.

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464 5 Sep 10, 2015

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