CAROLINE B. GLICK – Après quoi court vraiment la Gauche ?

Jerusalem Post 24/09/2010

Le glissement de la Gauche de l’espoir à la peur pour contribuer à son plan de destruction de son rival idéologique démontre que contrairement à son image soigneusement façonnée, la Gauche est fondamentalement coupée du public.

Suivant l’exemple de ses homologues en Occident, depuis des décennies la Gauche israélienne a soigneusement cultivé son image comme le versant sympa du spectre politique.

De mille manières, on a dit au public que la Gauche est l’option de demain. C’est le foyer de l’optimisme. Si vous voulez un avenir joyeux, si vous voulez faire la fête toute la nuit sans jamais avoir la gueule de bois, les fabricants d’image nous ont dit que la Gauche est le lieu à fréquenter.

Selon la perspective de la Gauche, le processus de paix entre Israël et l’OLP a été l’accomplissement de sa promesse. Il a aussi été la clé du monopole culturel permanent et du contrôle du gouvernement.

Des Israéliens qui s’opposèrent à la cession du contrôle sur le cœur et la capitale du pays à l’OLP n’étaient rien de plus que des prêcheurs d’obscurité et de catastrophes, des extrémistes messianiques. La Droite était en furie. La Gauche était heureuse. La Droite était le parti de la guerre. La Gauche le parti de la paix. La Droite était suspicieuse et tribale. La Gauche était optimiste et internationale.

Les premiers coups aux narrations parfaites de la Gauche sont partis seulement sept mois après la survenue de son plus grand triomphe. Sept mois après la poignée de mains épique entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat sur la pelouse de la Maison Blanche le 13 septembre 1993, le premier islamikaze à la bombe palestinien fit son apparition. Le 6 avril 1994, l’islamikaze assassina six Israéliens dans un bus à Afula.

Alors que le processus de paix n’avait qu’un an, l’image de l’islamikaze à la bombe avait commencé d’éclipser celle d’une paix garnie de ballons que la Gauche cherchait à incarner.

C’est à cette date qu’on aurait pu attendre de la Gauche qu’elle réévalue son engagement dans le processus de paix. Mais ce n’est pas ce qui arriva. La Gauche maintint une allégeance absolue au faux processus de paix. Cela ne fit que faire chuter l’espoir.

Tranquillement mais implacablement, la Gauche remplaça l’espoir pour un meilleur avenir par la peur d’un avenir terrifiant. En particulier, des dirigeants de Gauche comme Haïm Ramon commencèrent à menacer leurs compatriotes d’une destruction démographique nationale.

Ramon se saisit de projections démographiques palestiniennes falsifiées. Lui et ses camarades utilisèrent les données – qui gonflaient le nombre de Palestiniens en Judée, Samarie et dans la bande de Gaza de 50 % – pour menacer leurs compatriotes d’être condamnés à une invasion démographique.

C’est vrai, transférer de la terre à l’OLP s’est avéré être une très mauvaise idée. La vraie vie avait été meilleure et plus sûre avant le faux processus de paix.

Mais prévint la Gauche, si nous ne nous repliions pas aux lignes d’armistice de 1949 de toute manière, les Juifs deviendraient une minorité dans notre pays d’ici 15 ans.

Il fallut beaucoup plus de temps pour que la bombe démographique à retardement s’avère défectueuse alors, pour faire exploser le processus de paix. De fait, le parti ” Kadima de Ramon continue de fonder sa plateforme de cession sur les fausses données de population de l’OLP.

Mais aujourd’hui, même avec les media de Gauche admettant que les Israéliens juifs ont le taux de natalité le plus élevé du monde occidental et que les taux de natalité israéliens et palestiniens convergent rapidement, il est devenu difficile de convaincre les Israéliens que rendre est nécessaire sur des bases démographiques. De fait, un sondage réalisé par l’Initiative de Genève post-sioniste en 2008 a montré que 71 % des Israéliens n’étaient pas soucieux de perdre la majorité juive en Israël.

Les menaces démographiques de la Gauche ont commencé de se révéler juste avant que sa doctrine de restitution de la terre ne soit totalement discréditée. Le Groupe de Recherche Démographique Américano-Israélien a publié son étude initiale démontrant la fausseté des données de population palestiniennes quelques mois avant le retrait de Gaza en août 2005.

Pourtant, alors que son plan de cession de terre aux jihadistes se révélait être d’une pareille stupidité, et que ses scénarios démographiques de fin du monde s’avéraient faux, la Gauche demeurait constante dans son attitude. Elle trouva seulement un nouvel argument.

Au début de 2006 environ, la Gauche commença de soulever cette menace : si Israël ne se retirait pas de lui-même de Judée, de Samarie et de Jérusalem, les USA nous abandonneraient. Dimanche soir, l’ancien Premier ministre Ehud Olmert présenta cet argument comme thème principal de son discours devant la conférence annuelle de l’Initiative de Genève.

Olmert prétendit que si Israël ne se retirait pas volontairement derrière les lignes d’armistice indéfendables de 1949, les USA le forceraient à le faire. Israël, dit-il, n’a pas d’autre choix que la partition volontaire de Jerusalem et le retrait de Judée et de Samarie. Il allait sans dire que l’assomption d’une telle retraite comprendrait la transformation de 100.000 à un demi million d’Israéliens vivant dans ces zones à céder, en réfugiés intérieurs sans foyer.

La déclaration d’Olmert vaut d’être envisagée non pas à cause de ce qu’il a dit, mais parce que c’est aujourd’hui l’argument central de la Gauche pour le retrait. Faisons l’hypothèse de départ qu’Olmert a raison et que si Israël ne cède pas volontairement la Judée, la Samarie et la partition de Jérusalem, les USA essaieront de contraindre Israël à le faire.

Selon ce scénario, Israël est confronté à deux futurs possibles. Il peut se retirer ou bien il peut résister à la pression des USA, essayer de rester sur place et abandonner seulement s’il est obligé de le faire.

Si Israël se retire, il abandonnera des frontières défendables et ouvrira la voie à l’émergence d’une zone contrôlée par les terroristes, contiguë à ses principaux centres de population.

Au minimum, cette enclave terroriste sera de facto en état de guerre avec Israël tout en cultivant de chaudes relations avec la Syrie, le Hezbollah, l’Iran et les Frères musulmans.

En plus de sa vulnérabilité accrue à des ennemis extérieurs, Israël sera une société en guerre av
ec lui-même. Sa population sera profondément déchirée et affaiblie après que des centaines de milliers d’Israéliens auront été expulsés de leurs foyers.

Si Israël ne se retire pas, ses villes resteront sûres et sa population ne sera pas en crise. Mais Israël devra faire face à un gouvernement américain hostile, menaçant de prendre des mesures inconnues pour l’obliger à se rétracter derrière des frontières indéfendables.

Qu’est-ce que ces menaces des USA impliquent ? Washington arme et entraîne déjà une armée palestinienne. Il vend déjà aux Arabes les armes les plus avancées de l’arsenal américain. Il fournit déjà une assistance militaire à l’armée libanaise contrôlée par le Hezbollah. Il permet déjà à l’Iran de développer des armes nucléaires.

Olmert et ses collègues de Gauche veulent-ils nous faire croire que l’armée des USA va envahir Israël pour nous obliger à sortir de Judée, de Samarie et de Jérusalem ?

Si c’est ce que la Gauche suggère, faisons l’hypothèse que c’est vrai. Mais si la Gauche a raison, vaut-il mieux pour Israël se condamner préventivement à des guerres chroniques et à une vulnérabilité stratégique en acceptant des frontières indéfendables plutôt que de le refuser ? Au moins si nous refusons de glisser le cou dans le nœud coulant, le gouvernement américain sera forcé de présenter le dossier de la destruction d’Israël devant le Peuple américain.

Et puis il y a cette certitude de la Gauche qu’elle peut prévoir le futur. Ce serait la même Gauche qui nous a promis la paix, la destruction démographique, et que Gaza deviendrait la nouvelle Singapour après notre retrait. Mais même s’il y a un résidu de réalité dans ses nouvelles menaces, pourquoi devrions-nous gaspiller la sécurité d’Israël en nous fondant sur un scénario qui peut ou non survenir ?

Le fond de l’affaire est que comme le fantasme de la paix et le fantasme démographique, le fantasme de l’isolement international et de la guerre avec les USA sont une pure absurdité. Aucun de ces scénarios de Gauche – qu’ils soient roses ou sinistres – n’ont jamais résisté au moindre examen.

Alors qu’est-ce qui rend compte du comportement de la Gauche ? Pourquoi des gens intelligents comme Olmert et la chef de Kadima Tzipi Livni et leurs camarades du Parti Travailliste et de Meretz et de l’Initiative de Genève sont-ils si prompts à défendre des arguments insipides ? Pourquoi n’admettent-ils pas qu’Israël se trouve en meilleure posture en demeurant là où il est sans se rétracter derrières des frontières indéfendables ?

Que veulent-ils vraiment ?

La réponse à cette dernière question est aussi simple qu’insidieuse. Ce que recherche vraiment la Gauche n’est pas la paix ni même la sécurité. En poussant leur politique de cession de la terre face à une montagne de preuves qu’elle met en péril le pays, les idéologues de Gauche cherchent à détruire leurs rivaux idéologiques sur la Droite. A savoir, ils souhaitent détruire le sionisme religieux.

C’est le sionisme religieux, qui porte son regard sur Jérusalem plutôt que sur Tel Aviv qui induit la Gauche vers la diversion. C’est l’espoir de détruire le sionisme religieux en détruisant la présence juive en Judée, Samarie et à Jérusalem Est – le centre nerveux juif du pays – qui maintient la Gauche sur cette voie. Cette voie a été décrite dans un éditorial du journal ‘Haaretz’ publié en juillet 2005, un mois avant que 10.000 Israéliens surtout religieux furent expulsés de leurs foyers à Gaza et dans le Nord de la Samarie.

Comme l’organe de la Gauche l’expliquait : « La politique de désengagement israélienne de son aliment religieux, c’est le vrai projet du désengagement actuel. Le jour suivant le désengagement, le statut du sionisme religieux sera différent.

L’éditorial concluait : « La vraie question n’est pas combien d’obus de mortier tomberont, ou qui gardera l’axe Philadelphi [séparant le Sud de Gaza de l’Egypte, NdT], ou bien si les Palestiniens danseront sur les toits de Ganei Tal. La vraie question est de savoir qui fixe l’agenda national ».

De même, dans un entretien avec ‘Yediot Aharonot’ en octobre 2006, Livni stigmatisait les sionistes religieux comme les gens bizarres qui gâchaient les choses pour le reste du pays. Comme elle le disait : « Dans le système politique israélien il n’y a pas de vrai fossé concernant la vision d’un règlement élargi du conflit avec les Palestiniens. La dispute se situe entre le public religieux et le reste des Israéliens ».

En vérité, seulement deux semaines avant la parution de son entretien, un sondage de l’institut ‘Maagar Mohot’ chez les Israéliens juifs montra que 73 % d’entre eux s’opposaient à de nouveaux retraits. En aucune manière la majorité des Juifs d’Israël n’ jamais affirmé qu’elle considérait les Juifs religieux comme une menace ou un obstacle majeur pour un meilleur avenir.

De fait, dans un sondage publié au début de ce mois par le Centre Begin Sadate de l’Université Bar Ilan, 79 % du public a déclaré qu’ils « ne sont pas du tout concernés par la montée constante de la proportion d’Israéliens religieux dans le corps des officiers de Tsahal. Seul 1 % du public se disait très préoccupé par cette tendance.

Ce que le glissement de l’espoir à la crainte au service de son plan de destruction de son rival idéologique démontre, c’est que contrairement à son image soigneusement fabriquée, la Gauche est fondamentalement coupée du public. Ils ne sont pas le versant optimiste du spectre politique. Et ils n’ont aucun intérêt à rendre nos vies meilleures ou plus drôles. Ils sont motivés par la haine de leurs rivaux, et pas par l’amour du pays ou la dévotion à la paix.

La seule question qui vaille désormais est : « Combien de fois encore leur sera-t-il permis de nous induire en erreur avant que nous ne cessions de les laisser définir les termes de notre débat national ? ».

 

caroline@carolineglick.com

caroline@carolineglick.com

Lire l’article original en anglais sur Jerusalem Post

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586 0 Sep 25, 2010

2 comments

  1. Akerman Michel Netanya

    Merveilleuse Caroline ! Pourquoi le Bibi ne la prend pas comme SEULE conseillère ?
    La gauche veut éliminer les sionistes et surtout les sionistes religieux car ils sont le reflet de ce qu’ils auraient du devenir. Habiter en Israël et chercher à le réduire à ses “frontières” de 1948 (dans un premier temps) et à combattre ceux qui ne veulent pas ce choix de la gauche est suicidaire. Que ces partisans des accords d’Oslo, Genève, Charm El Cheih, Camp David etc, demandent à Obama de les accueillir, les USA avaient bien accepté l’accueillir 100000 terroristes.
    Shavoua Tov.

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