Baisse du prix du baril de pétrole : combien de temps la Russie peut-elle espérer tenir économiquement ?

Selon l’Ecole des hautes études en sciences économiques de Moscou, les ressources d’urgence mises en place pour compléter le budget russe seraient sur le point de s’épuiser. Seul moyen de sortir de cette situation : une remontée significative des prix du pétrole, à laquelle beaucoup d’analystes ne croient pas.
Atlantico : Le Fonds d’urgence dont parle l’Ecole des hautes études de Moscou serait à un niveau de 30,6 milliards de dollars, contre 88,8 milliards en 2014. Quels sont les recours possibles pour le Kremlin ? En mai dernier, la Russie lançait une émission obligataire en dollar sur les marchés avec succès, malgré les sanctions économiques. Cela pourrait-il être une solution pérenne ?
Jean-Sylvestre Mongrenier : De fait, les ressources du fonds de réserve dont il est ici question ont été divisées par trois. A ce rythme, conformément à ce qu’indiquent diverses sources économiques, il pourrait être épuisé dans deux ans.

Bien entendu, le gouvernement russe pourrait se lancer dans une politique d’emprunts, mais il importe de comprendre que le pays est bien plus endetté qu’il n’y paraît. Certes, la dette de l’Etat est faible (environ 20 % du PIB), Vladimir Poutine ayant mis à profit la période des hauts cours du pétrole et, consécutivement, de forte croissance économique, pour rembourser par avance les emprunts précédemment contractés. Il convient cependant d’ajouter à la dette du “centre” celle des “périphéries”, c’est-à-dire des différentes entités régionales qui composent la Fédération russe (les “sujets”). Enfin, les grands groupes économiques russes, notamment les “corporations d’Etat”, sont également très endettés et les sanctions ont réduit leurs facilités d’accès au marché mondial des capitaux.
A l’évidence, s’endetter afin de financer de simples dépenses de fonctionnement ne constitue pas une solution durable et souhaitable. Dans le cas de la Russie, un tel choix aggraverait les contradictions internes au projet politique et à la “grande stratégie” qui le porte. La volonté de reconstituer une sphère de puissance exclusive au sein de l “étranger proche”, au moyen d’une Union eurasienne (une sorte d’ “URSS new-look”), implique une certaine autosuffisance sur le plan économique, à l’échelle d’un grand espace à tout le moins. Ce n’est pas le cas.

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324 3 Sep 14, 2016

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