Liban – Une longue histoire de chantage

Michel HAJJI GEORGIOU

Il va bien falloir un jour que le chantage qui perdure depuis plus de cinq ans cesse. Car voilà que l’on nous promet encore une fois le chaos sous peu si les exigences politiques du camp irano-syrien – rien moins que la chimérique « renonciation » au TSL cette fois – ne sont pas satisfaites immédiatement. Un bref rappel de la progression des événements depuis 2005 suffira pour se rendre compte que le même chantage a opéré systématiquement depuis que l’occupation syrienne a pris fin.

C’est ainsi qu’il a fallu subir ce contresens absolu incarné par l’alliance quadripartite des législatives 2005, sans quoi le « blocage institutionnel » – formule polie pour désigner le coup de force que le Hezbollah a ensuite fait avec Nabih Berri (نبيه ب& et Michel Aoun de décembre 2006 à mai 2008 – aurait empêché toute reprise de la vie politique au Liban. Puis il a fallu résister pacifiquement et démocratiquement à la « contre-révolution du Cèdre » dans toutes ses manifestations. Le chantage continuait d’opérer sous la même forme : accepter les conditions de l’opposition (rejet et blocage du TSL, tiers de blocage au gouvernement, etc.) ou en subir les assauts sur le terrain (blocage des rues en janvier 2007, siège du Sérail à partir de décembre 2006 pour provoquer la chute du cabinet Siniora, et expédition punitive de mai 2008, le tout accompagné d’un assortiment de violence morale, de menaces, et d’attentats). Résultat : nouvelles concessions sous la contrainte des armes de la « Résistance », utilisées à l’intérieur contre la légalité, et mise en place de l’accord de dupes de Doha. La victoire de la coalition du 14 Mars aux législatives de 2009, qui aurait dû en principe mettre fin aux prétentions de l’opposition, il a fallu la « diluer » face aux nouvelles menaces de retourner encore une fois les armes contre les Libanais pour montrer que la logique de la force prime sur la légitimité des urnes. Fort bien. Et voilà que maintenant, non content d’avoir installé, depuis 2008, sa suprématie milicienne sur la quasi-totalité du pays, notamment sur son appareil institutionnel, voilà que le camp irano-syrien, emmené par le Hezbollah, revient à la charge pour réclamer une nouvelle gamme de concessions, qui portent cette fois sur le reniement du TSL et de toute démarche de la justice internationale. L’équation est toujours la même : il faut satisfaire l’appétit du Kraken, ou bien toutes les malédictions du monde s’abattront sur le pays, la peste bubonique, le choléra et la guerre civile. La dernière manifestation de ce chantage milicien n’est autre que la série de mandats d’arrêt émis par le parquet syrien, suite à « l’appel au secours » de Jamil Sayyed, contre une trentaine de personnalités, dont plusieurs font partie de l’équipe personnelle du Premier ministre, véritable déclaration de guerre contre Saad Hariri, fort révélatrice de ce que n’a jamais cessé d’être dans la réalité le régime syrien.

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