Israël: virage vers une économie verte

(Israël) Que ce soit pour déposer des brevets, lancer des entreprises ou attirer du capital-risque, les Israéliens dominent la planète quand il s’agit d’innover. Et après la biotechnologie et les technologies de l’information, le pays s’impose maintenant dans le secteur en plein boom des technologies propres. Photo Ahikam Seri, collaboration spéciale , Naty Barak, directeur du développement durable de Netafim, qui a inventé le concept de l’irrigation goutte-à-goutte. La voiture démarre sans bruit, puis accélère de façon étonnamment fluide. «Il n’y a pas de transmission», souligne Tal Agassi avec un sourire. Après quelques tours de piste, M. Agassi nous demande de garer le véhicule, puis d’en extraire un cordon de l’endroit où se trouve habituellement l’entrée du réservoir à essence. Il indique une borne électrique où le brancher. Nous sommes au centre de démonstration de l’entreprise Better Place, à Tel-Aviv, et nous venons de conduire une voiture électrique. «Dans quelques années, tous les Israéliens rouleront là-dedans», proclame M. Agassi, responsable du déploiement international pour Better Place. Better Place est sans contredit le plus grand pari technologique et financier actuellement placé sur Israël. L’entreprise a été fondée par le frère de Tal, Shai, avec l’appui actif de l’actuel président d’Israël et Prix Nobel de la paix Shimon Peres. Si Better Place a enregistré son siège social en Californie, elle demeure une initiative purement israélienne. Et quand l’entreprise s’est donné comme mission de démontrer à la planète qu’un pays complet pouvait rouler sans pétrole, c’est Israël qui a été choisi comme laboratoire. A entendre parler Tal Agassi, on ne peut s’empêcher de penser qu’il est en train de rêver en couleur. Mais si les frères Agassi sont des rêveurs, ils peuvent se vanter de ne pas être seuls. L’entreprise s’est allié les services de Nissan-Renault, qui achève la construction de la première vague de voitures électriques qui doivent prendre d’assaut les routes israéliennes dès l’an prochain. Avec des partenaires comme Cisco et IBM, Better Place a aussi commencé à déployer son réseau de prises électriques partout dans le pays. L’argent? Sans afficher un cent de profit, Better Place a récolté près de 750 millions US pour lancer ses opérations, ce qui en fait l’une des entreprises en démarrage les plus importantes de l’histoire. HSBC, Morgan Stanley et la banque australienne Macquarie comptent parmi les investisseurs. Quant aux limites techniques qui freinent la commercialisation des voitures électriques depuis si longtemps, M. Agassi les rejette d’un revers de la main. Le coût des batteries, par exemple, demeure très élevé, convient le jeune homme. Sauf qu’avec Better Place, le consommateur n’aura jamais à l’assumer. La batterie appartiendra à l’entreprise, qui vendra des forfaits d’utilisation. Il faut penser à Better Place comme à un fournisseur de téléphone cellulaire qui vendrait des kilomètres plutôt que des minutes. L’autonomie des batteries? «La réponse, c’est l’infrastructure», répond M. Agassi. Une centaine de stations d’échange seront installées sur les routes d’Israël. Les automobilistes y troqueront leur batterie vide contre une pleine, réglant le problème du temps de recharge. Après Israël, Better Place vise le Danemark et l’Australie. La Chine, le Japon, la Californie, Hawaii et l’Ontario sont aussi dans les cartons. «Better Place a démarré il y a trois ans avec une idée folle. Aujourd’hui, c’est du tangible», martèle Tal Agassi.

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