Caroline Glick – La montée des manifestations suicidaires

Par CAROLINE B. GLICK

Jerusalem Post 12/10/2010

Adaptation française de Sentinelle 5771 ©

Depuis 2000, il y a eu une coopération croissante entre des organisations gauchistes israéliennes avec des groupes étrangers pro jihad et des entreprises de guerre politique et terroriste palestiniennes lors de manifestations.

David Be’eri est soit très admiré soit très haï, selon la façon dont vous ressentez Israël et le legs juif.

Be’eri est le fondateur et le dirigeant de la Fondation ‘Ir David’, organisation non lucrative dédiée aux excavations, à la préservation et au développement de la Jérusalem biblique, la cité de David.

Quand Be’eri a commencé son projet en 1988, la Cité de David, située juste de l’autre côté de la Vieille Ville, était dans un état désastreux. Des excavations antérieures étaient cachées sous des tas d’ordures et de débris.

Grâce à ses efforts, aujourd’hui la Cité de David est l’une des attractions touristiques les plus appréciées en Israël. Quelques 500.000 touristes visitent le site chaque année. 17 excavations archéologiques y ont été entreprises ou sont actuellement en cours. Des conférences archéologiques annuelles sur les lieux attirent des universitaires de premier ordre venus du monde entier.

L’une des clés du succès de Be’eri a reposé sur les relations étroites qu’il a cultivées avec les Arabes locaux. Des centaines d’Arabes locaux ont travaillé dans la Cité de David sur diverses excavations.

Mais au cours de ces derniers mois, et en particulier depuis que le gouvernement Obama a commencé de faire pression sur Israël pour limiter sa souveraineté sur Jérusalem, les choses ont commencé de changer. Des groupes gauchistes dont ‘la Paix Maintenant’, ‘Ir Anim’, ‘B’Tselem’, ‘l’Association des droits civiques en Israël’, ‘les Rabbins pour les droits de l’homme’, et Emek Shaveh’ ont commencé d’organiser de fréquentes manifestations.

Selon Udi Ragones, le porte-parole d’Ir David, les divers groupes gauchistes collaborent ouvertement avec deux groupes arabes qui se sont formés l’an dernier : ‘Silwannet’ et le ‘Centre d’information Wadi Hilweh’. Hagit Ofran de Shalom Archav est souvent vue travaillant avec Jawad Sayam du Centre d’information. L’une des employées du centre d’information travaille aussi pour Emek Shaweh, une organisation d’archéologues antisionistes.

Au cours du mois écoulé, ce qui avait commencé par des manifestations non violentes contre Ir David a tourné à la violence. Il y a un mois, des activistes anti-Israël ont mis le feu à plusieurs voitures. Des Arabes locaux qui travaillent avec la Fondation ‘Ir David’ ont commencé de recevoir des menaces. La voiture de l’un des ces Arabes a été incendiée.

Il y a deux semaines, les manifestations ont pris la forme de contestations suicidaires alors que des activistes mettaient en place des barrages routiers au milieu de la rue : ils ont piégé un garde de sécurité de ‘Ir David’ et commencé de l’attaquer violemment. Afin de repousser ses agresseurs, le garde tira avec son pistolet et tua l’un d’entre eux. Utilisant un faux reportage, les protestataires accusèrent le garde de meurtre de sang froid. La police rejeta l’accusation. ‘Channel 2’ soutint d’abord la revendication des protestataires, mais ensuite son reporter reconnut qu’il avait été instrumentalisé.

Vendredi dernier, la violence a augmenté de plusieurs crans quand Be’eri a été la cible d’une embuscade. Alors qu’il conduisait vers son domicile à ‘Ir David’ avec son fils de 13 ans, la voiture devant lui pila brutalement.

Be’eri contourna le véhicule et fut accueilli par une embuscade de manifestants qui l’attaquèrent avec des pierres. Empêché de reculer par une voiture qui avait soudain stoppé, Be’eri dut se décider soit à ouvrir le feu ou bien conduire à travers la manifestation. Il passa à travers, touchant deux de ses agresseurs. Tous deux étaient mineurs. Aucun ne subit de graves blessures et ils furent de retour dans les heures suivant l’incident.

Les lanceurs de pierres n’étaient pas les seuls à participer à l’embuscade. Six ou sept photographes et au moins un employé du Centre d’information Wadi Hilweh étaient aussi sur les lieux. Les photographes venaient du portail Internet hébraïsant d’extrême Gauche ‘Walla’ et de plusieurs media européens. Ils ont filmé Be’eri roulant sur ses agresseurs à partir de multiples angles. Ils soldèrent alors rapidement l’histoire dans le monde comme le conte d’un ” colon ” vicieux qui avait écrasé deux enfants innocents en chemin vers leurs foyers de retour de la mosquée, uniquement parce que c’est un méchant colon.

Mais comme le remarque Ragones : ” Nous avons eu vraiment de la veine que les media soient là. Les photos supposées cadrer Be’eri ont démontré clairement que toute l’affaire était une mise en scène “. Non seulement le reportage montre que Be’eri est pris dans une embuscade, mais il montre que les photographes faisaient partie intégrante de l’équipe d’embuscade. Le rôle des enfants était de lui lancer des grosses pierres pour entraîner Be’eri à les tuer ou à les blesser. Le rôle des photographes était de filmer les enfants en train d’être tués ou blessés.

La Fondation ‘Ir David’ accuse le Centre d’information Wadi Hilweh de l’organisation de l’incident. La présence d’employés du Centre sur la scène du reportage donne du crédit à cette allégation. ‘Ir David’ met aussi en avant que tout l’épisode a été le produit d’une étroite coordination entre le centre d’information et les groupes gauchistes qui travaillent avec lui pour diaboliser, discréditer et par ailleurs nuire à ‘Ir David’ en particulier et au contrôle israélien sur Jérusalem unifié en général.

Ce qui est nouveau dans l’incident de vendredi ne l’est pas par sa nature, mais par sa localisation. Comme le remarque Marc Prowissor, le directeur des projets de sécurité pour le Fond ‘One Israël’, une ONG non lucrative qui soutient les communautés juives travaillant en Judée, Samarie, en Galilée et dans le Negev, ce genre de manifestations suicides se produisent depuis au moins une décennie.

Des incidents antérieurs ont eu un impact stratégique sur la réputation internationale d’Israël : il y a eu l’affaire Mohammed al Dura en octobre 2000 et l’incident Rachel Corrie en 2003. Dans le premier cas, les forces de sécurité palestiniennes ont travaillé avec un caméraman palestinien et France 2 pour trafiquer une diffamation accusant les forces de Tsahal du meurtre d’un garçon palestinien, Mohammed al Dura. Une cour de justice française jugea l’an passé que le reportage, qui montre que al Dura bouge après sa prétendue mort, était falsifié.

Dans le second incident, Corrie fut amenée à Gaza par le Mouvement de Solidarité International non israélien et mise en place pour empêcher les forces de Tsahal de réaliser des opérations anti-terroristes. Corrie devint la fille emblématique des protestataires suicides quand le conducteur d’un bulldozer de Tsahal, qui ne pouvait pas la voir, roula sur Corrie alors qu’elle cherchait à bloquer ses opérations.

Depuis 2000, il y a eu une coopération croissante entre des organisations gauchistes israéliennes avec des groupes étrangers pro jihad comme l’ISM et des entreprises de guerre politique et terroriste palestiniennes. Cette nouvelle coopération a d’abord gagné en importance lorsque le groupe israélien ‘Anarchistes Contre le Mur’ a commencé à participer aux émeutes hebdomadaires palestiniennes / ISM contre des unités de Tsahal à Bi’ilin et Na’alin en 2003.

Prowissor remarque qu’à travers la Judée et la Samarie, en particulier lors de la saison de la cueillette des olives, ‘Rabbins pour les Droits de l’Homme’ et des groupes radicaux de même orientation d’esprit acheminent des protestataires arabes dans des zones où ils ne vivent pas pour provoquer et participer aux manifestations.

” Leur mode opératoire est toujours le même “, explique Prowissor. Ils mettent en scène de violentes attaques devant leurs propres caméras dans le but d’inciter les Israéliens locaux à se défendre. Par exemple, ils lapident des voitures [appartenant à] des Juifs, et si le conducteur juif sort pour repousser ses agresseurs, ils le filment et l’accusent de les avoir attaqué sans raison “.

Les manifestations hebdomadaires à Bi’ilin et Na’alin impliquent des émeutiers palestiniens, occidentaux et israéliens attaquant les forces de Tsahal et des unités de la Police des Frontières avec des pierres et des cocktail Molotov.

Il y a cinq mois, les manifestants ont commencé à utiliser les mêmes tactiques contre des civils israéliens à Neveh Tzuf dans la région de Binyamin. Quelques semaines auparavant, ils ajoutèrent la communauté de Carmei Tzur dans le Gush Etzion à la liste de leurs cibles.

De même pour Jérusalem, les émeutes à Sheikh Jarrah chaque vendredi durent depuis plusieurs mois. Elles se sont étendues à ‘Ir David’ vendredi.

La raison de tout cela est claire. Les manifestations suicides sont des moyens efficaces pour nuire à Israël. Observez simplement le bateau terroriste turc Mavi Marmara. Les neuf manifestants suicides à bord tués en attaquant des marins commandos de Tsahal avec des couteaux, des armes à feu, des battes, sont un vrai pactole pour les ennemis d’Israël. Ils sont instrumentalisés pour traîner Israël devant le jury de pendaison à l’ONU, la Haye, sur les campus des universités des USA et à travers l’Europe.

Que peut-on faire face à cette menace croissante ? Comment Israël peut-il se défendre lui-même ? Les manifestations suicides agissent simultanément à trois niveaux.

Pour neutraliser leur impact, des citoyens et des officiels israéliens doivent développer des stratégies pour leur faire face à ces trois niveaux.

Le niveau le plus basique est le niveau criminel. Il est criminel d’inciter à la violence. Il est criminel de fomenter la violence contre des citoyens et les forces de police et de sécurité. Il est criminel de conspirer à mettre en ouvre la violence ou de gêner les soldats, la police ou d’autres forces de sécurité dans l’accomplissement légal de leurs missions.

Gardant cela à l’esprit, la police et Tsahal doivent être engagées pour enquêter sur toutes les organisations suspectes de planifier, de diriger ou de participer à des manifestations violentes. Quand ils sont informés en avance des manifestations, elles peuvent et doivent être prévenues. La police a le droit d’arrêter les protestataires en route vers des manifestations illégales.

Et puis des dossiers doivent être instruits contres les organisations parraines. Des groupes incitant à la violence doivent être interdits.

Des manifestations suicides, comme les attentats suicides à la bombe, utilisent la violence pour faire progresser des objectifs politiques. Dans le cas d’Israël, elles sont utilisées pour diaboliser l’Etat et les citoyens dans une tentative pour obliger le gouvernement à agir d’une manière qui le mette en péril.

Des outils bureaucratiques et politiques doivent être employés pour faire échouer ces efforts. Par exemple, à la suite de l’embuscade de vendredi à ‘Ir David’, le groupe de surveillance des medias ‘Tadmit’ a envoyé une lettre au bureau de Presse du Gouvernement (GPO) demandant le retrait de la carte de presse des photographes présents sur la scène. Le GPO doit agir suivant le requête de Tadmit et refuser ou retirer les cartes de presse à tout reporter ou photographe autoproclamé participant à des activités violentes et illégales contre l’Etat.

Au-delà de cela, les groupes de citoyens israéliens et le gouvernement doivent discréditer activement des groupes participant à des manifestations suicides. Des données doivent être rassemblées contre des organisations participantes et rapidement publiées chaque fois qu’un évènement comme l’embuscade de vendredi dernier se produit.

Enfin, il y a l’aspect légal de la stratégie de manifestation suicide. L’alliance de groupes arabes, israéliens et d’occidentaux anti-Israéliens utilise les manifestations suicides comme des moyens d’attaques Israël dans les domaines internationaux légaux, comme les cours britanniques et la Haye.

Des citoyens privés et le gouvernement doivent poursuivre des groupes locaux qui collaborent avec de telles initiatives pour réclamer des dommages. Dans la limite où une législation d’habilitation est nécessaire pour faire de tels procès, la Knesset devrait adopter une telle législation.

Les medias locaux ont d’abord rapporté l’embuscade contre Be’eri exactement comme la coalition Gauchiste / Arabes le voulait aussi. Be’eri était décrit comme un colon agressif et violent qui avait roulé sans raison sur deux enfants palestiniens. Mais les manifestants suicides avaient visé trop haut.

Dimanche, ils posèrent une embuscade et lapidèrent le personnel de tournage de ‘Channel 2’. Dimanche soir, la vérité était révélée.

Mais la prochaine fois, ils seront probablement plus prudents.

Les manifestations suicides sont l’arme la plus neuve et jusqu’à présent, la plus efficace dans la guerre politique contre Israël. C’est la tâche du gouvernement mais aussi des citoyens de développer et de réaliser des stratégies pour émousser son efficacité.

 

Lire l’article original en anglais sur Jerusalem Post

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611 0 Oct 12, 2010

2 comments

  1. Akerman Michel Netanya

    Caroline Glick a parfaitement dénoncé le danger qu’il y aurait pour le gouvernement à laisser nos ennemis intérieurs et extérieurs perpétrer leur “cinéma”.
    Avec 10 ans de retard Netanyahou vient de fustiger le montage criminel de la pseudo mort d’Al Dura diffusé par France 2. Il faut aller plus loin. Il faut dénoncer IMMEDIATEMENT toute propagande digne de Goebbels. La police et Tsahal savent que des ennemis d’Israël vont chaque vendredi à Bi’ilin et Na’alin. Il faut les empêcher d’y aller et arrêter ceux qui passent outre.
    Les ONG qui se cachent derriere les manifestations doivent être attaquées par de lourdes amendes et ceux qui les financent doivent être traduits en justice.
    Le serment de fidélité à l’égard de notre état doit être appliqué à tous c’est à dire a

  2. Akerman Michel Netanya

    Le serment de fidélité à l’égard de notre état qui doit être voté par la Knesset doit être appliqué à tous c’est à dire aussi aux Juifs. Ceux qui s’acharnent contre les habitants de Ir David (où habitaient de nombreux Juifs yéménites avant qu’Arabes et Anglais ne les expulsent) ou qui habitent la Judée et la Samarie ont plus de droits d’y vivre que les palestiniens venus d’Irak, Egypte, Liban, Syrie.
    Le combat de Philippe Karsenty doit être soutenu car Enderlin a ouvert la porte à tous les débordements que l’on constate aujourd’hui.
    Nous sommes en guerre, ne l’oublions pas !

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