Depuis sa cachette, par écran géant, Hassan Nasrallah lance une “OPA” sur le Liban, la rue arabe et la Palestine

Le président de la République islamique d’Iran, Mahmoud Ahmadinedjad, a été accueilli ce soir par une foule monstre dans le stade “Al Raya” de la banlieue sud de Beyrouth. Plusieurs responsables de l’opposition libanaise, menée par le Hezbollah, étaient là, à l’exception de Hassan Nasrallah qui n’ose toujours pas sortir de sa cachette depuis l’été 2006. D’ailleurs, Nasrallah, dont la voix est rayée et qui semble enrhumé (tenant un mouchoir), s’est contenté de prononcer un discours par écrans géants interposés, pendant un quart d’heure. Il a multiplié les remerciements à l’Iran, au Guide et au Président, au gouvernement et au peuple, pour « le soutien indéfectible qu’ils ont apporté à la Résistance ». Malgré sa peur qui l’empêche de quitter sa cachette et le sous-sol de la banlieue sud de Beyrouth, Nasrallah s’est montré très puissant. Il a en effet salué le courage du Guide de la République islamique Khamenaï, celui de son prédécesseur Khomeiny, et surtout celui d’Ahmadinedjad « qui ne cesse de défendre et promouvoir les idées des Guides et de répéter sa profonde conviction devant le monde entier : «Israël est un pays illégitime. Cette entité doit et va disparaître» ». La puissance de Nasrallah tient à celle de l’Iran, « qui n’a pourtant pas de projet politique pour le Liban, ni pour la Palestine, encore moins pour le monde arabe. Tout ce qui se dit sur ce sujet est de pure invention américano-sioniste », a insisté Nasrallah. Bien au contraire, « l’Iran est une garantie pour les musulmans et les chrétiens contre leurs divisions et leurs déchirements voulus par les Américains et les Israéliens… L’Iran ne veut pour la Palestine que ce que les Palestiniens veulent pour eux-mêmes. L’Iran ne veut que reprendre le combat des Arabes, abandonné depuis des années ; ce combat lancé jadis à Khartoum (sommet arabe du Soudan, septembre 1967, NDLR) par l’ancien président égyptien Nasser et son fameux «triple Non» », a encore précisé Nasrallah. Ce faisant, il a tenté de rassurer les Sunnites et les Arabes sur les intentions de l’Iran, mais il a surtout essayé de faire main basse sur le dossier palestinien en voulant sensibiliser et rallier l’opinion publique arabe. Concernant le Liban, le chef du Hezbollah a affirmé que « l’Iran n’a aucun projet pour le pays, à part ce que veulent les Libanais. L’Iran soutient leur unité et les aide financièrement, sans contrepartie. L’Iran, ce pays de justice, de droit, de sciences et des valeurs de la République islamique, aide tous les opprimés de la terre face à la tyrannie de l’Amérique. En face, l’Amérique et Israël n’ont répandu dans la région que massacres, tueries, expulsions de populations et destructions… », a également ressassé Nasrallah. Mais l’homme s’est trahi en réitérant son appartenance au concept de Wilayat el-Faguih et en affirmant entretenir des liens étroits avec la direction iranienne. En faisant l’éloge de Wali el-Faguih, Nasrallah a indirectement dévoilé son rêve, déjà prononcé dans les années 1980 , celui justement d’appliquer le concept de Wali el-Faguih au Liban. Mais Nasrallah n’est pas à une contradiction prêt.

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