Antisémitisme : les petits arrangements de Yann Moix avec la vérité à “ONPC”

Yann Moix s’est expliqué samedi soir sur le plateau de Laurent Ruquier. On attendait un mea culpa sincère, on a eu droit à des éléments de langage. Décryptage.
Yann Moix a décidément du mal avec les mea-culpa. À la suite des révélations de L’Express, il lui avait déjà fallu s’y reprendre à deux fois avant d’avouer qu’il était bien l’auteur non seulement des dessins, mais aussi de textes publiés dans un petit magazine étudiant à tendance négationniste. Hier soir, sur le plateau de Laurent Ruquier, le romancier a de nouveau présenté ses excuses pour ces errements de jeunesse. Mais interviewé par Adèle Van Reeth et Franz-Oliver Giesbert, qui n’avaient pas la moindre idée de ce que contenaient les trois numéros d’Ushoahia, Yann Moix a de nouveau eu tendance à minimiser sa participation à coups de petits arrangements avec la vérité.
Par ailleurs, Le Monde avait révélé hier avant l’émission que Moix était le salarié de la maison de production Tout sur l’écran, productrice d’On n’est pas couché. C’est en effet cette même société qui produit Chez Moix, l’émission présentée sur Paris-Première par le romancier. Un étrange mélange des genres sur le Service Public. Retour sur un mea-culpa incomplet.
Yann Moix connait trop bien le sens des mots pour les employer au hasard, surtout au coeur d’une polémique aussi explosive. Il a asséné pendant plus d’une heure un “élément de langage” forgé à l’avance : “Je faisais des bandes dessinées antisémites.” Nous avons compté : Yann Moix a martelé dix-neuf fois l’expression “bande dessinée” durant l’émission, sans jamais avoir été repris une seule fois par ses interviewers ! Or, en demandant le pardon pour ces “bandes dessinées”, le romancier renvoie à un mode d’expression qui évoque inconsciemment l’enfance et suscite donc l’indulgence.
Vérification faite, sur la centaine de pages que forment au total les trois numéros d’Ushoahia, on ne trouve aucune bande dessinée de sa main dans le numéro 1 (le plus négationniste), trois pages seulement dans le numéro 2 et deux pages dans le troisième numéro. Soit donc seulement cinq pages sur… cent !

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318 8 Sep 2, 2019

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