Au Liban, la longue liste des crimes attribués au Hezbollah

L’assassinat de l’intellectuel Lokman Slim, dans la nuit du 3 au 4 février, s’inscrit dans une longue liste de crimes attribués au Hezbollah, qui reste déterminé à liquider toute dissidence au sein de la communauté chiite.
A la différence des organisations jihadistes, le Hezbollah ne revendique pas les meurtres qui lui sont imputés. Tout aveu de responsabilité compromettrait en effet les activités politiques du « Parti de Dieu » et sa participation au Parlement comme au gouvernement. Un tel silence contraste avec la célébration par le Hezbollah de sa « résistance islamique » face à Israël. Il n’en contribue pas moins à entretenir au Liban une menace toujours diffuse, parfois sanglante, contre l’opposition au parti pro-iranien. Chaque voix critique doit savoir qu’elle s’exprime au péril de sa vie, ainsi que l’assassinat de Lokman Slim, intellectuel chiite aussi respecté qu’écouté, le rappelle tragiquement. Une telle chape de terreur rappelle, à bien des égards, l’omerta longtemps imposée par la mafia en Sicile.
Le Hezbollah est fondé durant l’été 1982, dans la plaine libanaise de la Békaa, sous l’égide des renseignements syriens et des pasdarans iraniens, les « Gardiens de la révolution ». Ce double parrainage nourrit jusqu’à ce jour la coopération opérationnelle du Hezbollah avec le régime Assad et son allégeance organique à la République islamique d’Iran. En ne proclamant son établissement officiel qu’en février 1985, le Hezbollah s’est épargné la revendication des attentats-suicides qui ont ensanglanté Beyrouth en 1983 (63 morts dans la destruction en avril de l’ambassade des Etats-Unis, puis 241 militaires américains et 58 français tués dans l’attaque en octobre de leurs casernes). La milice chiite s’est également abritée derrière le rideau de fumée de « l’Organisation du Jihad islamique » pour détenir, durant parfois des années, des otages occidentaux (dont Michel Seurat, décédé en captivité en janvier 1986). Ces attentats et ces enlèvements ont tous été dirigées par Imad Mughnyeh, promu ensuite chef militaire du Hezbollah, jusqu’à son assassinat à Damas en 2008.
Publié le 07 février 2021 par Jean-Pierre Filiu

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257 5 Feb 7, 2021

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