Le doute plane sur les causes de la mort de deux hauts commandants des gardiens de la révolution

Publié le 26 Avril 2021 | Les autorités iraniennes ont donné plusieurs versions sur le décès de deux généraux du corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) à deux jours d’intervalle.
 
Il s’agirait, selon plusieurs observateurs, de la perte la plus importante enregistrée par le corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) depuis l’assassinat, en janvier 2020, de Kassem Soleimani, commandant de la branche extérieure de l’organisation, la force al-Qods. Les médias iraniens ont annoncé le 18 avril la mort du général de brigade Mohammad Hosseinzadeh Hejazi, 65 ans, qui officiait comme chef adjoint de la force al-Qods. Selon le communiqué des gardiens de la révolution, le haut commandant serait mort d’une crise cardiaque. Pourtant, Mohammad Hosseinzadeh Hejazi y est qualifié de « martyr », laissant entendre qu’il serait mort dans l’exercice de ses fonctions. S’exprimant ce jour-là, le porte-parole et responsable des relations publiques du CGRI, Ramezan Sharif, a indiqué que la principale cause de la mort de Hejazi était son exposition à des armes chimiques durant la guerre Iran-Irak des années 1980, d’où le terme de « martyr ». Une version qui a semé le doute chez
 
Ayant rejoint le CGRI en mai 1979 après la victoire de la révolution islamique, Mohammad Hosseinzadeh Hejazi a occupé plusieurs postes importants au sein de l’organisation, parmi lesquels celui de commandant de la force intérieure des gardiens de la révolution. « Hejazi était un bâtisseur d’institutions qui a réorganisé la milice Bassidj en Iran pour réprimer avec succès les manifestations politiques » antirégime de 2009, explique Ali Alfoneh, selon qui « il a essayé de répliquer le modèle Bassidj en Syrie, mais avec moins de succès ». Il aurait notamment « géré efficacement les usines d’assemblage de missiles du Hezbollah », poursuit le chercheur.
 
Un autre général mort
 
Les rumeurs autour du décès de Hejazi ont d’autant plus fait parler d’elles qu’un autre général de brigade, Mohammad Ali Haghbin, a également trouvé la mort deux jours plus tard. Commandant au sein de la force al-Qods de la province du Nord iranien de Guilan, il avait notamment été stationné en Syrie et en Irak, et avait servi sous le commandement de Soleimani. Selon les médias d’État, Haghbin serait décédé du Covid-19, alors que le nombre quotidien de morts liées à l’épidémie a récemment passé la barre des cent. Après l’annonce du décès de Mohammad Ali Haghbin, plusieurs images montrant le commandant allongé dans un lit d’hôpital, branché à un appareil respiratoire, les deux jambes entièrement couvertes de bandage, ont circulé sur les réseaux sociaux. Dans la foulée s’est propagée la rumeur selon laquelle il aurait succombé à des blessures subies sur un théâtre de guerre, comme en Syrie ou au Yémen. La photo a été effacée depuis.
 
D’autres rumeurs mettent en avant la responsabilité d’Israël dans ces morts, qui aurait cherché à éliminer deux personnalités actives en Iran, mais aussi au Liban et en Syrie. Depuis le déclenchement en 2011 de la guerre en Syrie, Israël aurait mené des centaines de frappes contre des positions du pouvoir syrien et de ses alliés, dans l’objectif d’empêcher la Syrie de devenir la tête de pont de l’Iran.
 
Alors que Hejazi est, aux yeux d’Israël, le principal artisan du projet iranien de fabrication de missiles à guidage de précision pour le Hezbollah, la responsabilité d’Israël dans sa disparition serait tout particulièrement pointée du doigt. Selon plusieurs médias israéliens, Hejazi aurait également été l’un des planificateurs présumés de l’attentat meurtrier à la voiture piégée de 1994 contre le centre juif Amia de Buenos Aires qui a coûté la vie à 84 personnes.« Compte tenu de l’augmentation des tensions israélo-iraniennes, de la centralité du conflit syrien dans les attributions de Hejazi – notamment son lien avec le programme des missiles à guidage de précision – et de Haghbin – notamment ses performances sur le champ de bataille en Syrie – et de la publicité accrue concernant les opérations israéliennes contre des cibles iraniennes en Syrie, une éventuelle responsabilité d’Israël ne peut être écartée purement et simplement, mais ne peut être non plus affirmée en l’absence de preu
 
Ces derniers mois, la République islamique semble ainsi avoir essuyé plusieurs revers, parmi lesquels l’assassinat en décembre dernier de l’une des figures-clés du programme nucléaire iranien, Mohsen Fakhrizadeh, imputé à Israël, ainsi que l’attaque ce mois-ci contre son usine d’enrichissement d’uranium à Natanz, dont Israël est également soupçonné d’être l’auteur. « Certes, il y a un travail intensif pour projeter une image de force, mais la cohésion et l’agressivité du CGRI ne doivent pas être confondues avec de l’invincibilité », observe Behnam Ben Taleblu.

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165 3 Apr 26, 2021

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