« La Grèce et Chypre, membres de l’UE, n’ont pas été assez soutenues lorsqu’Ankara s’est livrée à de dangereuses provocations »

7 Mai 2021 à 12h51 | «La faiblesse de certaines capitales européennes prépare la soumission aux faits accomplis des nouveaux autocrates, pour lesquels les médiations ne sont que des processus sans fin leur permettant de figer les avantages acquis»
 
Nous sommes entrés dans une ère nouvelle des relations internationales, dans laquelle les rapports de force entre les nations s’expriment de plus en plus brutalement et de façon décomplexée. Dans ce contexte de durcissement, perceptible dans son voisinage immédiat, l’Europe doit changer de posture. De puissants voisins tentent d’asseoir des zones d’influence exclusive, en pratiquant la politique du fait accompli au mépris du droit international et des accords multilatéraux passés.
 
Pacifique par essence, l’Union européenne, qui s’éveille lentement au réalisme machiavélien, apprend difficilement à défendre ses frontières. Ceux des Etats membres, les plus exposées aux provocations, qui gardent ses limites extérieures, devraient pouvoir compter sur la solidarité de tous. Les traités l’affirment et l’exigent ; le bon sens le commande.
 
Au nord-est de l’Europe, la dissuasion est assumée collectivement, en large partie par des Etats européens, sous l’égide de l’Otan. Mais ce qui est valable d’un côté du continent ne semble plus aussi évident au sud-est de l’Europe, en Méditerranée orientale, où la Grèce et Chypre, pourtant membres à part entière de l’Union européenne, n’ont pas pu compter sur une pleine solidarité européenne lorsque la Turquie s’est livrée, de façons répétées, à de très dangereuses provocations. Incursion dans des espaces maritimes et aériens grecs, forages illégaux en zones contestées, violation d’embargo sur les armes à destination de la Libye, instrumentalisation des flux migratoires aux frontières grecques terrestres et maritimes… Le régime turc, avec une rhétorique révisionniste assumée, a déployé toute la panoplie des actions décomplexées par lesquelles une puissance régionale s’affirme contre les équilibres politiques et juridiques patiemment bâtis depuis des décennies pour préserver la stabilit

Lire l’article complet sur https://www.lopinion.fr

Share This
225 2 May 7, 2021

1 comment

  1. herve

    Comme l’a dit Christian Mallard, le courage n’est pas l’apanage des europeens, la couardise oui.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.