Kaboul brise les illusions de lune de miel entre Bennett et Biden sur l’Iran

Août 2021 à 14h10 | Le Premier ministre a eu plusieurs succès avant son voyage à Washington pour une rencontre importante avec le président, mais celui-ci a désormais des problèmes plus urgents
 
Par Lazar Berman 27 août 2021, 14:10
 
Naftali Bennett a sans doute pensé qu’il se trouvait dans un cercle vertueux.
 
Bien que sa faction Yamina n’ait remporté que sept sièges aux dernières élections – à égalité pour la cinquième place avec quatre autres partis –, après bien des manœuvres en coulisses, Bennett s’est pourtant retrouvé à la tête du gouvernement en tant que Premier ministre.
 
Bien qu’il gère une coalition incohérente du point de vue idéologique, de nationalistes pro-implantations aux Verts de gauche, en passant par des laïcs de droite, des islamistes et des centristes, Bennett a jusqu’à présent réussi à préserver l’unité de son gouvernement, parvenant même à faire approuver un budget de l’État pour la première fois en trois ans (bien que ce budget n’ait pas encore passé l’étape du vote crucial à la Knesset).
 
Son voyage aux États-Unis – le premier de Bennett en tant que Premier ministre – était censé être sa consécration. Il aurait consolidé son image de leader national lors d’une apparition conjointe avec Biden dans le bureau ovale, prouvant à Israël que son style et son tempérament étaient bien mieux adaptés à la gestion des relations diplomatiques avec une administration démocrate que ceux de son prédécesseur plus agressif Benjamin Nétanyahou.
 
Bennett a clairement affirmé que ses succès précédents n’étaient pas un coup de chance. Il considère que son approche pour préserver sa coalition complexe pourrait être la clef de sa relation avec l’administration Biden.
 
« J’apporte d’Israël un nouvel esprit », a déclaré Bennett avant sa rencontre avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken mercredi, revenant sur un thème qu’il avait introduit avant de monter dans l’avion pour Washington. « Un esprit de gens qui entretiennent parfois des opinions différentes, mais néanmoins travaillent ensemble dans la coopération et la bonne volonté, dans un esprit d’unité, et nous travaillons dur pour trouver des points communs sur lesquels nous sommes d’accord et sur lesquels on peut avancer, et cela semble fonctionner. »
 
Le Premier ministre Naftali Bennett arrive pour une photo de groupe du nouveau gouvernement israélien à la résidence présidentielle à Jérusalem, le 14 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)
 
Le voyage lui-même était en quelque sorte un pari pour Bennett, dans le contexte d’une nouvelle vague de COVID-19 qui menace d’entraver les prochaines fêtes juives et de saper sa ligne d’attaque majeure contre Nétanyahou. De plus, ce voyage a lieu fin août, pendant les vacances parlementaires, alors qu’un grand nombre d’hommes politiques de Washington sont en vacances sous des cieux plus cléments.
 
Pourtant, la chance de Bennett a semblé tenir pendant les 24 premières heures de son voyage. L’improbable Premier ministre a traversé les rues du Maryland et de Washington avec une escorte importante, alors que la police et les services secrets avaient fermé les rues du cœur de la capitale américaine pour s’assurer que Bennett atteigne son hôtel à temps pour honorer se engagements.
 
On peut noter notamment la haie d’honneur au Pentagone qui l’a accueilli lors de sa rencontre avec le secrétaire à la Défense Lloyd Austin.
 
Le secrétaire d’État Antony Blinken rencontre le Premier ministre Naftali Bennett à l’hôtel Willard à Washington, le 25 août 2021. (Crédit : Olivier Douliery/Pool via AP)
 
Ses rencontres avec Austin et d’autres hauts fonctionnaires semblent s’être bien passées.
 
Austin a déclaré publiquement que « l’Iran devait être tenu responsable des actes d’agression au Moyen-Orient et dans les eaux internationales », pointant du doigt Téhéran pour l’attaque du 30 juillet dans le golfe d’Oman contre le pétrolier Mercer Street, lié à Israël.
 
Blinken et Bennett ont échangé des plaisanteries sur la politique israélienne à la fin de leurs déclarations publiques.
 
Une conseillère supérieure de Bennett a déclaré mercredi soir que le voyage avait jusque-là été un succès. « Je pense que nous n’allons pas rentrer chez nous les mains vides », a-t-elle déclaré.
 
Le retour à la réalité
 
Puis tout lui a explosé au visage.
 
Des kamikazes se sont fait exploser aux portes de l’aéroport de Kaboul, tuant au moins 13 soldats américains et de nombreux Afghans : ce qui était déjà un défi est devenu une crise militaire et politique à grande échelle pour Biden, dont la cote d’approbation était déjà passée en dessous des 50 % à cause de sa gestion de la COVID-19 et du retrait d’Afghanistan.

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500 9 Aug 28, 2021

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