Affaire Doura: rebondissements et dénouement

Une nouvelle campagne médiatique, initiée par plusieurs médias français, a tenté ces derniers jours de réhabiliter le reportage montrant un enfant présenté comme tué par Tsahal, au carrefour de Netzarim, il y a une dizaine d’années. Ce regain d’intérêt a été provoqué par la parution d’une brochure, titrée «Un enfant est mort», et dont l’auteur n’est autre que le correspondant de la chaîne France 2, dont la démarche médiatique avait réveillé la haine contre Israël à l’échelle mondiale. Philippe Karsenty, qui avait réuni suffisamment de preuves pour montrer que le reportage était une mise en scène, a pu gagner le procès intenté contre lui en diffamation par le correspondant en Israël de la chaîne, Charles Enderlin, et par l’employeur de ce dernier. Indirectement, le 21 mai 2008, c’est la cour d’appel française qui a infirmé le jugement de la XVIIème chambre correctionnelle, et innocenté Karsenty de l’accusation qui pesait contre lui. Par voie de répercussion, le reportage lui-même n’est pas parvenu à convaincre les juges qu’il aurait pu consister en un travail journalistique présentant un fait réel. Un autre média s’est pourtant attaqué à Karsenty, en le comparant aux partisans de la théorie de la conspiration qui remettent en cause l’attaque du 11 septembre. Le 24 avril 2008, Canal â”´ a diffusé un reportage en ce sens, avant de perdre, quant à lui, en juin 2010, le procès en diffamation intenté par la victime à la suite de cette émission. Pour Philippe Karsenty, si le tribunal lui a donné plusieurs fois raison, c’est la preuve que le reportage est un faux:« Pourtant, France 2 a perdu son procès et je peux affirmer et répéter, sans prendre de risque judiciaire, que France 2 a diffusé un faux reportage le 30 septembre 2000 en lieu et place d’un reportage d’actualité ». D’autres médias soutiennent la démonstration de la mise en scène: en mars 2009, par exemple, la chaîne publique allemande, ARD, a diffusé un reportage ou elle fait part des éléments d’enquête de Karsenty. De plus, Robert Ménard, ex-dirigeant de Reporters Sans Frontières, lui a accordé une interview de cinq pages dans le magazine Médias . Par ailleurs, dans son livre, La nouvelle propagande anti-juive ““ d u symbole al Dura aux rumeurs de Gaza , Pierre-André Taguieff s’y attarde longuement. Karsenty constate cependant que le correspondant ne désarme pas: «Pourtant, de nombreux hommes et femmes politiques ayant pris connaissance du dossier commencent à se lever et à demander que la vérité soit enfin révélée. Cela n’arrête pas Charles Enderlin, et ceux qui se prétendent ses amis, d’écrire pour couvrir cette imposture médiatique aux conséquences historiques planétaires.» Il évoque un article publié en faveur du reportage tourné au carrefour de Netzarim, dans le journal Le Monde ce soir du 21 septembre: «J’y suis injustement attaqué, mais j’y suis en bonne compagnie puisque je m’y trouve avec Richard Prasquier, Eli Barnavi, Luc Rosenzweig et Alain Finkielkraut.» Cet article met en avant la théorie du complot. En voici un extrait, dans lequel les thèmes du «puissant lobby» et du «fonds de commerce » ne sont pas oubliés: «Pour l’opinion arabe et musulmane, Tsahal, l’armée israélienne, a assassiné un enfant. Mais un puissant lobby pro-israélien s’est mis en branle, visant à délégitimer le journaliste (il n’était pas présent sur les lieux du tournage), et instrumentaliser une théorie du complot : le film serait un « montage », une « mise en scène », une « manipulation » et une « imposture ». La campagne contre Charles Enderlin, en Israël et au sein de la communauté juive de France, va devenir haineuse, insultante, parfois menaçante. Talal Abou Rahmeh est qualifié de militant actif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), ce que les services secrets israéliens, le Shabak” target=”_blank” class=”external external_icon” rel=”nofollow”>Shin Beth, démentiront. France 2 renouvellera sa confiance à son correspondant, dont la réputation professionnelle est indéniable, et la profession journalistique lui apportera un très large soutien. Rien n’y fait. La mécanique de la diffamation est en marche, elle ne s’arrêtera plus. Elle dispose d’avocats déterminés et influents. A sa tête, Philippe Karsenty, pour qui l’affaire Al-Dura est devenue, depuis dix ans, un véritable fonds de commerce. Il est rejoint par l’ancien journaliste Luc Rosenzweig, l’ancien ambassadeur d’Israël à Paris, Elie Barnavi, Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France, l’écrivain Alain Finkielkraut, parmi d’autres.» D’autres émissions ont permis à Enderlin de reprendre sa version initiale sans lui opposer de contradictions: Les 4 Vérités su France 2, les «Grandes Gueules de RMC», ou encore un entretien sur France Info, où Enderlin reprend encore une fois sa thèse. Le livre qui a permis de reprendre la polémique est sorti le 7 octobre, sous le titre Un enfant est mort. Karsenty parle de l’argument qui permet à Endelin de poursuivre sa campagne: «Charles Enderlin a publié ce jeudi 7 octobre 2010 un livre intitulé « Un enfant est mort », livre dans lequel il continue à défendre son faux reportage sur la « mort » de Mohamed al Doura tout en tentant de se faire passer pour la victime qu’il n’est pas… Le principal argument du livre de Charles Enderlin est qu’il a le soutien des autorités israéliennes.» Par conséquent, Philippe Karsenty a considéré que le combat mené contre la désinformation autour de cette affaire ne s’achèverait qu’après la publication par les autorités israéliennes d’un communiqué condamnant officiellement ce reportage, ce qu’il semble bien avoir obtenu ce jeudi 21: «Le bureau du Premier Ministre israélien vient d’effectuer une déclaration officielle (…) qui est un ferme démenti aux déclarations mensongères de Charles Enderlin dans son livre et dans les médias.» Dans ce courrier d’une page, sur le haut de laquelle trône le sigle du Bureau du Premier ministre, on peut lire le paragraphe suivant: « … il est clair à présent qu’il était faux de faire endosser la responsabilité dans l’affaire Mohammed Al Dura à Tsahal et à l’Etat d’Israël. Les éléments révélés réfutent les assertions qui avaient alors été émises à l’encontre des israéliens, et que les médias internationaux, FRANCE 2 en tête, n’avaient jamais soumises à examen app
rofondi en leur temps. Il est toujours avéré que, malgré la présence sur place de dizaines de photographes, aucune preuve supplémentaire, filmée ou autre, n’a jamais été fournie sur le tir israélien supposé vers Jamal et Mohammed Al Dura. Les circonstances même de ce tir (la distance, l’angle, les indices sur le terrain) démontrent qu’il ne pouvait pas provenir du poste israélien. »

Lire l’article complet sur israel7.com

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