Nucléaire iranien : vers des frappes israéliennes (et une explosion généralisée au Moyen-Orient) ?

 
Israël a mené, ces derniers jours, des manœuvres militaires dans la mer Rouge, avec les Emirats arabes unis et le Bahreïn faisant craindre de possibles frappes israéliennes contre l’Iran en cas d’échec diplomatique sur la question du nucléaire iranien.
 
Atlantico : Israël affiche sa volonté d’en découdre avec Téhéran sur le dossier du nucléaire iranien. Quelques exemples le prouvent : le ministre de la Défense israélienne a annoncé avoir obtenu une rallonge de 1,5 milliard de dollars pour préparer une attaque « potentielle » contre les sites nucléaires iraniens, dans la mer Rouge, les forces navales israéliennes ont répété des opérations de sécurité conjointes et le Premier Ministre Naftali Bennett ne veut pas avoir l’air moins actif que Benjamin Nétanyahou sur le sujet. Où en sont exactement les Israéliens face à la menace iranienne ?
 
Emmanuel Dupuy : Cette menace est résiduelle, il n’y a pas de grands changements. Mais on peut souligner que le gouvernement de Naftali Bennett a besoin de montrer qu’il est soucieux de la garantie de la sécurité d’Israël. Il faut avoir à l’esprit que cela s’insère dans un agenda très particulier car le 29 novembre après six mois de stand-by, les négociations à Vienne sur le nucléaire iranien vont reprendre. Les Israéliens brandissent donc ces menaces.
 
Quand vous évoquez la rallonge de 1,5 milliard de dollars, il n’y a rien de nouveau car cela fait longtemps que le ministère de la Défense de Israëlx met en avant la perspective d’une attaque contre l’Iran. Il y a cependant une pression de la part des États-Unis à ce propos car ils souhaitent reprendre la table des négociations sur le nucléaire Iranien.
 
Pourquoi les Israéliens envisagent-ils des frappes aujourd’hui ?
 
Suite à un rapport de l’AIAE, on a eu la confirmation que l’Iran a augmenté son stock d’uranium enrichi. Désormais, contrairement à l’accord sur le nucléaire qui a été signé en juillet 2015, on est bien au-delà des 3,67 % d’enrichissement autorisés. On estime que l’Iran possède 17,7 kg d’uranium enrichi à hauteur de 60% d’enrichissement, près de 113,8 kg d’uranium enrichi à hauteur de 20%. Les Israéliens partent du principe que plus on s’approche des 90% d’enrichissement, plus le seuil du passage de la dimension civile à l’usage militaire est atteint.
 
Les Iraniens auraient profité des atermoiements de la communauté internationale, de la mise en place lente de l’équipe de négociation américaine, des élections de juin dernier qui ont placé Ebrahim Raïssi à la tête de l’Iran pour maximiser leur stock d’uranium enrichi et d’augmenter le nombre de leurs centrifugeuses et de les moderniser. Ils ont multiplié par 10 le nombre de leurs centrifugeuses de première génération et par 50 leur modèles de nouvelles générations, soit bien au-delà de ce qui était autorisé. Le stock d’uranium enrichi ne devait pas dépasser 350 kg et il est aujourd’hui huit fois supérieur, on évoque le chiffre de 1,5 tonne.
 
On peut parler d’une surenchère de la part des Iraniens après la rupture de l’accord de Vienne par les États-Unis. Ils ont remis en cause tous les éléments les contraignants.
 
Ce qui justifie aussi la mobilisation israélienne est la capacité de l’Iran à se doter de missiles pouvant atteindre la distance de 2000 km soit l’Inde, l’Égypte ou une partie de l’Europe. Elle effraie Israël et surtout que cette capacité serve aux proxy Iraniens comme le Hezbollah qui dispose maintenant de missiles avec une capacité de 350 km pouvant frapper la totalité d’Israël du Nord au Sud.

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169 4 Nov 24, 2021

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