Harcèlement numérique : le hackeur « Ulcan », installé en Israël, reconnu coupable de quatorze infractions

11/1/2022 | Gregory Chelli a été condamné, mardi 11 janvier, à deux ans et demi de prison ferme. Le Franco-Israélien a été reconnu coupable de quatorze infractions dans quatre dossiers de harcèlement numérique. Un mandat d’arrêt a été ordonné.
 
C’est depuis la ville israélienne d’Ashdod, près de Tel-Aviv, où il vit depuis 2013, que Gregory Chelli, dit « Ulcan », a pris connaissance, mardi 11 janvier, de la peine prononcée contre lui par la 14e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Le hackeur franco-israélien, âgé de 39 ans, a été condamné à deux ans et demi de prison ferme et reconnu coupable d’avoir commis « quatorze infractions », entre 2014 et 2016, dans quatre dossiers de harcèlement numérique.
 
Alors que le tribunal a été au-delà des réquisitions du parquet, qui réclamait une peine de deux ans de détention, un mandat d’arrêt a été décerné. Il devrait être diffusé à l’international.
 
« Le prévenu était absent à l’audience, il réside à l’étranger. Un mandat d’arrêt est nécessaire pour que la peine puisse être exécutée, a expliqué la présidente de la 14e chambre. Les faits sont graves et portent atteinte à l’intégrité psychique des victimes, à leur tranquillité et ont été commis en vue de nuire aux victimes, de donner une publicité à leurs souffrances. »
 
A l’audience, en décembre 2021, la représentante du ministère public avait estimé qu’« Ulcan » était « protégé » par Israël, où « il a trouvé refuge », le dépeignant comme « un hackeur violent, un mégalo imbu de lui-même, qui tape où bon lui semble sans aucune logique et par pure haine de l’autre ». « Ulcan » a notamment été reconnu coupable des délits de « menaces de mort, dénonciations mensongères ayant entraîné des recherches inutiles de la police et de la gendarmerie avec parfois des moyens importants, appels malveillants, violences avec préméditation, menaces de commettre des crimes à l’égard d’une personne investie d’un mandat électif public ».
 
Parmi les victimes de l’autoproclamé « justicier » ou « militant sioniste » figure la maire socialiste de Lille, Martine Aubry. En 2014, la décision de l’édile de suspendre un jumelage entre sa ville et une commune israélienne, en raison des bombardements à Gaza, motive « Ulcan » à passer à l’acte. Après des appels malveillants et des menaces, il contacte la police en se faisant passer pour l’époux de Mme Aubry. Il déclare alors qu’il vient d’assassiner son épouse « d’un coup de couteau » et assure qu’il est désormais retranché chez lui, armé d’un « Beretta ». Il fait également venir les pompes funèbres au domicile de l’élue, pour qu’elles viennent chercher son corps.
 
« La peine est lourde et à la mesure du personnage, de son comportement qui a été symboliquement condamné par le tribunal, estime Me Matthieu Hénon, l’avocat de Martine Aubry, dont la cliente a obtenu le versement de 3 000 euros en vertu du préjudice moral. M. Chelli ne répond pas aux convocations de la police, de la justice. Il a eu la volonté de se mettre en scène en commettant ces infractions. Justice a été rendue en ce qui concerne ma cliente. »

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179 2 Jan 12, 2022

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