‘Déconstruire’ Israël et les Juifs

Par LIAT COLLINS – Jerusalem Post 06/11/2010 – Adaptation française de Sentinelle 5771 ©

Les menaces contre le Peuple juif deviennent mondiales.

Où et quand des dirigeants de la communauté juive se rassemblent, il y aura sûrement un bourdonnement et des bons mots à la mode.

L’Assemblée Générale de cette année (AG) – le méga rassemblement des Fédérations Juives d’Amérique du Nord à la nouvelle Orléans le 6 novembre – discute sans doute des menaces contre Israël et la communauté juive à l’intérieur. Il y a une semaine, le danger intérieur était habituellement résumé dans l’expression : « continuité juive ».

Mais les temps changent, et pas nécessairement pour le meilleur.

L’interception en Grande Bretagne et à Dubaï le 29 octobre de deux bombes apparemment en route pour des synagogues de Chicago devrait agir comme un appel au réveil. Si vous appuyez sur le bouton ‘encore un petit somme’ et retombez endormi, l’alarme ne fera que sonner plus fort un peu plus tard.

Comme le président Barack Obama l’a remarqué et pas seulement dans un réflexe électoral, les bombes étaient « une menace crédible contre notre pays ». Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a averti que le monde libre est confronté à une vague croissante de terrorisme.

Pour souligner ce point, en moins d’une semaine un islamikaze à la bombe a blessé des dizaines de personnes sur la place ‘Taksim’ d’Istanbul – version turque de ‘Times Square’ à New York ; au moins onze colis piégés ont été détectés dans la capitale grecque – l’un adressé au président française Nicolas Sarkozy ; et plus de 75 personnes ont été tuées dans une série d’explosions à Bagdad, quelques jours après un siège dans une église de la capitale irakienne qui fit 58 morts.

Que deux des colis piégés aient ciblé des congrégations juives à Chicago a été une surprise pour beaucoup : Vernon Kurtz, rabbin de la Synagogue Bet El à Highland Park dans la banlieue Nord, Illinois, a plaisanté avec Gil Hoffman du Jerusalem Post : il se sentait plus en sécurité dans la capitale israélienne. Mais peut-être aucun autre lieu n’est-il aussi identifié à Obama, et Rahm Emanuel concourt à la mairie de Chicago : cela en fait une cible doublement attractive pour al Qaïda et ses nombreuses tentacules.

Le jihad mondial est vraiment mondial.

Les séparatistes kurdes ont revendiqué la responsabilité de l’attaque à Istanbul. Bien que (contrairement aux bombes par colis postaux d’Athènes), elle comportât la signature d’al Qaïda. Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan aime distribuer le blâme aux suspects habituels.

Il a de nouveau accusé Israël de « terrorisme d’Etat » pour sa réponse à la flottille liée à Gaza en mai. Le chef de la police de Dubaï est presque devenu une star des media pour ses révélations sur un nombre apparemment interminable d’agents du Mossad impliqués en janvier dans l’assassinat de Mahmoud al-Mabhouh. Je ne l’ai pas entendu parler du colis piégé intercepté dans son pays. Mais à l’époque, nous ne l’avions jamais entendu non plus dire ce que l’archi-terroriste Mabhouh faisait dans la chambre d’un hôtel de luxe.

La Grande Bretagne, déjà victime d’une attaque d’al Qaïda, a expulsé un diplomate israélien pour un mésusage prétendu d’un passeport britannique dans le meurtre ciblé de Mabhouh. Et comme cela a été soulevé dans les discussions avec le secrétaire d’Etat britannique William Hague quand il se rendit en visite Israël la semaine dernière, le Royaume Uni n’a pas encore modifié sa législation sur la « justice universelle ». Cela signifie que des dirigeants israéliens – dont la chef de Kadima et de l’opposition Tzipi Livni et le chef du Parti travailliste et ministre de la défense Ehud Barak – ne peuvent pas se rendre en visite au Royaume Uni sans craindre d’être arrêtés pour « crimes de guerre ».

Ainsi Mabhouh pouvait se balader dans tout le Moyen Orient dans l’impunité jusqu’à ce que quelqu’un agisse. Et le président de l’Iran bientôt nucléaire Mahmoud Ahmadinejad est libre d’être célébré à l’ONU à New York ainsi qu’au Liban.

Mais les dirigeants israéliens doivent planifier leurs itinéraires autour de leur localisation, à moins d’être emprisonnés comme l’ennemi public n°1. Ne vous demandez pas si l’AG à la Nouvelle Orleans est une destination attirante ! On a remarqué que si vous entendez parler d’une attaque suicide de masse, vous pouvez parier une chose : vous pouvez bien ne pas savoir où l’attaque s’est produite, qui étaient les victimes, ou bien quel était le sexe de l’auteur de l’attentat à la bombe, mais vous pouvez parier qu’il était musulman. Je sais que cela est totalement politiquement incorrect – dans le droit fil du profilage racial dans les aéroports – mais cela n’en n’est pas moins vrai.

Bien sûr la vaste majorité des Musulmans sont des modérés. Mais cela ne change pas le tableau. C’est la minorité extrémiste musulmane qui nous menace tous.

Les dirigeants occidentaux feraient mieux de se joindre à Israël pour combattre le terrorisme mondial plutôt que de lui reprocher d’agir pour sa défense.

J’ai pu voir un femme appelée Golda la semaine dernière, et regarder la scène de son fameux discours à Chicago en 1948 m’a rappelé tout ce qui a changé – et ce qui n’a pas changé.

« Si nous avions le choix, nous aurions choisi la paix pour construire en paix » déclara Golda Meir à la communauté juive dans un discours destiné à aider à bâtir l’Etat juif.

« Je veux que vous me croyiez quand je vous dis que je suis venue pour cette mission spéciale aux Etats Unis aujourd’hui, non pas pour sauver 700.000 Juifs. Au cours des quelques années passées, le Peuple juif a perdu six millions de Juifs, et il serait audacieux de notre part de tourmenter le Peuple juif à travers le monde à cause de quelques centaines de milliers de Juifs de plus en danger. Ceci n’est pas la question ».

« La question est que ces 700.000 Juifs de Palestine peuvent rester en vie, alors le Peuple juif en tant que tel sera vivant et l’indépendance juive assurée. Si ces 700.000 personnes sont tuées, alors pour de nombreux siècles, c’en sera fini de ce rêve d’un Peuple juif et d’une patrie juive ».

Voilà le message qui doit toujours être entendu – pas seulement dans la communauté juive de Chicago, ni même parmi les membres de l’AG à la convention de la New Orleans. Il doit être entendu par le monde entier.

Le mois dernier, nous avons eu un rappel que ce n’est pas seulement dans les jours actuels qu’Israël est menacé. C’est l’existence juive qui l’est.

Ce n’est pas moins que l’UNESCO, l’organe des Nations Unies responsable de la préservation des sites du patrimoine historique et culturels, qui a violemment ébranlé le berceau de l’histoire juive.

Lors de sa session biannuelle, l’UNESCO a adopté des propositions initiées par des Etats arabes membres, déclarant que deux sites historiques juifs sont « palestiniens ».L’un est le Caveau des Patriarches à Hébron (ou comme l’UNESCO le désignerait, “Haram al- Ibrahim”) acheté par Abraham comme site d’inhumation de Sarah plusieurs millénaires avant qu’il n’existe un Peuple arabe, sans parler des Palestiniens. L’autre était le Tombeau de Rachel. Autre motif pour elle de pleurer ses enfants.

Une résolution de l’UNESCO exprimait sa préoccupation “sur les excavations en cours” dans et autour de la Vieille ville de Jerusalem, y compris le Mur Occidental. Je suppose que nous devrions remercier l’organisme mondial de n’avoir pas exigé que le contrôle de Massada soit remis à Rome – en plus.

Affaiblir les liens Juifs – et donc israéliens – avec notre héritage culturel fait partie d’un combat plus large pour délégitimer Israël.

Le jihad revêtu de gants. C’est un phénomène qui peut être combattu par la communauté juive en diaspora sur les nombreux campus universitaires où des étudiants juifs et des partisans d’Israël se sentent de plus en plus mal à l’aise.

Mais d’abord, les étudiants doivent se voir rappeler les raisons pour lesquelles ils doivent être fiers de leur identité.

L’érosion de la reconnaissance internationale du droit d’Israël à l’existence a des implications considérables. Pensez à ces Chrétiens assassinés par des agents d’al Qaïda à Bagdad.

Les Juifs ont souvent été compares au canari dans une mine : leur destin est un avertissement sur ce qui va advenir. Le monde doit remarquer que le canari ne chante pas mais essaie de lui passer un message.

Si, au lieu d’écouter, le village mondial continue d’essayer de le réduire au silence, le résultat ne sera probablement pas la paix, mais un silence de mort.

 

 

L’auteur est rédacteur au Jerusalem Post International.

Lire l’article original en anglais sur Jerusalem Post

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578 0 Nov 10, 2010

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