Caroline Glick- Ce que l’AP achète avec l’argent Américain

Jerusalem Post 15/11/2010 – Adaptation française de Sentinelle 5771 ©

En finançant l’Autorité Palestinienne, les USA contreviennent à leurs propres lois ; la majorité de l’aide à l’AP a été dissipée dans le soutien à Fayyad.

 

Il y a deux semaines, un Palestinien de Bethlehem a été arrêté par les forces de sécurité de l’AP, formées et financées par les USA. Il a été accusé de « réaliser des transactions commerciales avec des résidents d’un Etat hostile ».

Non, il n’achetait pas de l’uranium à l’Iran. Son crime supposé était d’acheter des matériaux en bois à une communauté israélienne localisée au-delà des lignes d’armistice de 1949. Sa caution ayant été refusée par le magistrat de la cour de l’AP à Bethlehem, il a été placé en détention provisoire dans l’attente de la conclusion de son procès.

L’arrestation de cet homme fait partie de ce que le Premier ministre palestinien non élu, Salam Fayyad soutenu par les USA, a vanté comme son « Fond National pour l’Honneur ». L’objectif de ce projet est d’interdire tout contact économique entre les Palestiniens et les Juifs qui vivent et travaillent au-delà des lignes d’armistice de 1949. En ce qui concerne le présumé modéré Fayyad, ces Juifs et Israël en général constituent « l’Etat hostile », que les Palestiniens sous la gouverne de Fayyad sont obligés de boycotter.

S’adressant au Jerusalem Post, le ministre du travail palestinien Ahmed Majdalani a déclaré que l’AP espère que d’ici la fin de l’année, les milliers de Palestiniens employés dans des communautés israéliennes de Judée et de Samarie abandonneront leur emploi. Ce qu’il n’a pas mentionné, c’est que s’ils ne l’abandonnent pas, ils seront arrêtés.

 

Selon le ministre de l’économie de l’AP Hassan Abu Libdeh, depuis le début de la campagne de Fayyad, l’AP a confisqué 1 million de $ de produits israéliens, dont de la nourriture, des cosmétiques et du matériel informatique dans les boutiques palestiniennes.

Les mesures de Fayyad se superposent à des mesures déjà mises en oeuvre par l’AP comme de condamner à mort les Palestiniens qui vendent de la terre aux Juifs. Il y a moins de deux mois, l’AP a réaffirmé qu’elle continuera à exécuter tout Palestinien qui commet ce « crime ».

Il n’y a aucun moyen de prétendre de façon crédible que ces actes font progresser soit la cause d’une coexistence pacifique ou la prospérité économique palestinienne. Pourtant, c’est précisément dans l’espoir de faire progresser ces objectifs que le gouvernement des USA finance l’AP.

Malgré sa campagne de boycott d’Israël et de punition des Palestiniens ayant des liens économiques avec l’Etat juif, Fayyad est le Palestinien favori des USA. Depuis que le président Mahmoud Abbas a nommé Fayyad pour diriger le gouvernement croupion du Fatah en Judée et Samarie après que le Hamas se soit emparé de la bande de Gaza, l’aide des USA à l’AP a augmenté d e plus de 700 %. La plus grande partie de cette aide a été dissipée dans le soutien à Fayyad.

Les USA financent directement son budget. Ils financent et forment une armée palestinienne. Et ils subventionnement ses programmes pour construire des institutions gouvernementales qui réalisent ouvertement sa politique anti-Israël.

Mercredi dernier, pendant une conférence de presse conjointe avec Fayyad, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a annoncé que les USA donneront à l’AP 150 millions de $ supplémentaires en complément aux 400 millions de $ d’assistance financière que le président Barack Obama a promis en juin. Ce supplément vient en réponse à la demande de Fayyad revendiquant 500 millions de $ pour boucler son budget en déficit.

 

Selon le service de recherche du Congrès (CRS), l’AP est le plus gros bénéficiaire d’assistance étrangère dans le monde. Selon Bloomberg, elle a reçu 1.2 milliard de $ en 2009 et recevra 1.8 milliard d’ici la fin de l’année.

Les USA ont donné à l’AP 500.9 millions $ en 2009, avant l’annonce par Clinton prévoyant de lui apporter 550 millions de $ en 2011. Cette assistance ne comprend pas le soutien financier des USA à l’UNWRA, agence qui a pour vocation exclusive d’apporter une aide sociale aux Palestiniens en se subordonnant au projet politique palestinien. Les USA sont à eux seuls le plus gros donateur de l’UNWRA. L’année dernière, les 268 millions de $ que les contribuables américains ont donnés à l’agence de l’ONU représentaient 27 % du budget de l’UNWRA.

La représentante Congrès Ileana Ros-Lehtinen, qui doit devenir la présidente du comité des Relations Etrangères du Congrès dans la prochaine assemblée, a répondu négativement à l’augmentation de l’aide des USA à l’AP annoncée par Clinton. Dans une déclaration publiée par son bureau jeudi dernier, Ros-Lehtinen a tourné cette assistance en ridicule en tant que « subvention ».

Elle a ensuite commenté : « il est profondément troublant que le gouvernement continue de subventionner la direction palestinienne alors qu’ils continuent d’échouer à respecter leurs engagements selon des accords et des requêtes internationaux soulignés par la loi des USA, dont le démantèlement de l’infrastructure terroriste palestinienne, la lutte contre la corruption, l’arrêt de l’incitation à la haine anti-Israël et antisémite et la reconnaissance du droit à l’existence d’Israël comme Etat juif ».

Ros-Lehtinen est l’auteur de la loi anti-terrorisme palestinien de 2006, qui a conditionné l’assistance des USA à l’AP sur, entre autres choses, « la reconnaissance publique du droit à l’existence de l’Etat juif d’Israël ».

Bien que pertinente, la déclaration de Ros-Lehtinen ne fait que gratter en surface à quel point l’assistance financière des USA aux Palestiniens est parfaitement contraire à la loi des USA, à la paix et aux objectifs du développement économique palestinien.

Prenez l’assistance des USA à la sécurité des Palestiniens. Les USA ont répondu à la prise de contrôle de Gaza par le Hamas en augmentant massivement leur aide militaire au Fatah. Selon le ‘CRS’, entre 2007 et août 2010, l’assistance américaine aux services de sécurité de l’AP a atteint 400 millions de $. Ils ont reçu 100 millions de $ en 2010 et doivent recevoir 150 millions de $ en 2011. Cette assistance paie la formation et l’équipement de 400 gardes présidentiels et de 2.700 soldats des Forces de Sécurité Nationale (FSN). Les USA projettent de former cinq bataillons supplémentaires de 500 hommes des FSN.

Le rapport du ‘CRS’ reconnaît que ces forces ont amélioré le respect de la loi et l’ordre en Judée et Samarie. Mais il affirme aussi que « l’incertitude demeure sur la durabilité de ces améliorations et leur connexion avec un plus grand développement économique et de la société civile palestiniens, avec le progrès des négociations israélo-palestiniennes ainsi que sur la volonté et la capacité de ces forces à mettre hors d’état de nuire des activistes ».

De fait, il y a peu de raison de croire que ces forces entraînées par les USA ne se joindront pas à celles du Hamas pour retourner leurs armes contre Israël à l’avenir. Depuis 1996, les services de sécurité de l’AP ont adopté un rôle moteur dans la guerre terroriste contre Israël.

 

Préoccupé par les menaces que posent ces forces, en particulier à la lumière du rejet par Fayyad du droit à l’existence d’Israël, au début de l’année, le commandant du territoire central, le Major Général Avi Mizrahi a prévenu que ces forces entraînées par les USA constituent un saut qualitatif des capacités de combattre dans une guerre des Palestiniens contre Israël.

 

Comme il l’a formulé : « il s’agit d’une force très bien formée, mieux équipée que ses prédécesseurs et entraînée par les USA. La signification de cela, c’est qu’au début d’une nouvelle bataille [avec les Palestiniens], le prix que nous aurons à payer sera plus élevé. Une force comme celle-là peut cerner une zone bâtie avec quatre tireurs d’élite. C’est mortifère. Il ne s’agit pas des combattants que nous avons affrontés en 2002 à Jénine. Il s’agit l d’une force d’infanterie qui nous combattra et nous devons prendre cela en compte. Ils disposent de capacités offensives et nous n’anticipons pas qu’ils se rendent ».

Ensuite il y a l’assistance directe des USA au budget de fonctionnement de l’AP. Les USA ont fourni 350 millions de $ en assistance budgétaire directe à l’AP ces deux dernières années. Cette aide soulève trois problèmes.

D’abord, il est loin d’être clair que l’AP ait besoin de cette assistance. Selon le Fonds Monétaire International et le Bureau Central Palestinien des Statistiques, en 2009 le PNB réel en Judée et Samarie et dans la Bande de Gaza a augmenté de 6,8 % (de 8,5 % en Judée – Samarie). Le rapport a aussi mentionné que le chômage baissait. Donc, si les choses vont aussi bien, pourquoi est-il nécessaire pour les pays donateurs étrangers d’augmenter leur assistance directe au budget de Fayyad ?

Ensuite, étant donné le rejet par Fayyad des principes de la liberté du commerce, en particulier s’ils sont liés à Israël, le plus important partenaire commercial de l’AP, il est difficile de concevoir la crédibilité économique de sa direction. comme les politiques de stimulus ont démontré clairement leur échec aux USA, les bureaucraties gouvernementales ne créent pas l’emploi. C’est le domaine du secteur privé. Et pourtant, Fayyad interdit aux Palestiniens d’avoir de liens commerciaux avec leurs plus importants partenaires en affaires et leur marché commercial. Ce n’est pas le comportement d’un dirigeant intéressé par la facilitation d’une croissance économique durable.

Enfin, la simple vérité est qu’il est impossible d’empêcher l’assistance budgétaire des USA à l’AP de financer le Hamas, en contravention avec la loi américaine. Chaque mois, Fayyad transfère des fonds à Gaza contrôlé par le Hamas, pour y payer les salaires des employés de l’AP. Fayyad a mis en avant que cette assistance ne peut être considérée comme une aide matérielle au Hamas, puisque ce sont des employés de l’AP. Mais ceci est absurde.

Ces employés servent à la guise du Hamas. Payer leurs salaires contrevient à la loi américaine ainsi qu’à la loi internationale, qui interdit aux Etats de fournir quelque assistance que ce soit aux zones contrôlées par des terroristes. Cela est vrai même si l’argent réel que Fayyad transfère à Gaza provient d’autres sources de revenus. Sans l’assistance budgétaire directe des USA, il ne serait pas en mesure de faire passer de l’argent à Gaza.

Apporter une assistance budgétaire directe à Fayyad n’est pas la seule manière par laquelle les USA financent le Hamas. Ils contribuent aussi au Hamas en finançant l’UNWRA. L’assistance des USA à l’UNWRA a doublé au cours des quatre dernières années, largement comme moyen d’éviter d’apporter une aide directe au Hamas. Pourtant, le rapport du ‘CRS’ remarque : « A Gaza, la plupart des observateurs reconnaissent que le rôle de l’UNWRA dans la fourniture de services de base (c.à.d. nourriture, soins de santé, éducation) ôte la plus grande charge à la direction du Hamas ».

En défendant son assistance à l’UNWRA, le Département d’Etat a dit au Congrès que « l’aide contribue directement à l’intérêt stratégique des USA de répondre aux besoins humanitaires des Palestiniens, tout en promouvant leur autosuffisance. L’UNWRA joue un rôle stabilisateur au Moyen-Orient à travers ses programmes d’assistance, en servant de contrepoids important aux extrémistes ».

Mais le fonds de l’affaire est que les employés de l’UNWRA sont membres et sympathisants du Hamas. Et malgré la déclaration du Département d’Etat sur les garde-fous mis en place pour assurer que l’assistance des USA n’est pas transférée à des individus et des groupes en liens avec le Hamas et d’autres groupes terroristes, les contrôles de l’UNWRA contre le terrorisme sont limités à celui d’une liste de l’ONU sur des groupes terroristes bannis comprenant al Qaïda et les Taliban. Comme le rapport du ‘CRS’ l’a noté, la liste de criblage antiterroriste de l’UNWRA « ne comprend pas le Hamas, le Hezbollah et la plupart des autres groupes activistes qui opèrent dans l’environnement de l’UNWRA ». En d’autres termes, l’UNWRA continue d’employer des terroristes, et ses procédures actuelles ne font rien pour empêcher cela.

Un cadre d’accord de Coopération signé cette année entre l’UNWRA et les USA pose 15 mesures pour que l’UNWRA étende son criblage antiterroriste. Mais l’accord n’est pas contraignant. De plus, ses dispositions n’interdisent en aucune manière à des individus ou des groupes liés au terrorisme de recevoir de l’aide de l’UNWRA.

En vérité, étant donné le refus de l’AP de reconnaître le droit à l’existence d’Israël ou de prendre des mesures soutenues et décisives contre le terrorisme, il n’y a vraiment aucune possibilité pour les USA de continuer à la financer sans transgresser ses propres lois. Mais reconnaître cet état des affaires impliquerait d’admettre que le processus de paix est un mensonge et que tout Etat palestinien qui serait formé aujourd’hui sera un Etat terroriste en guerre avec Israël.

Le Congrès qui va se mettre en place pourrait bien reconsidérer ces vérités de base avant d’approuver une nouvelle aide à Fayyad et à son gouvernement modéré.

 

 

Lire l’article original en anglais sur Jerusalem Post

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389 0 Nov 17, 2010

1 comment

  1. Akerman Michel Netanya

    Non seulement les USA forment la “police” palestinienne et leurs fournissent des armes et des montagnes de dollars qui vont partir en Suisse, mais ils vont aussi donner des transports de troupes et engins blindés.

    Nous avons vu voici quelques années comment cette police agissait contre Tsahal, en particulier au Tombeau de Joseph à Shrem après des émeutes fomentées par arafat sur le Mont du Temple à Jérusalem. Cette police armée alors par Péres et Rabin avait tiré sur nos soldats et empêcher les secours de venir en aide aux blessés morts vidés de leur sang. Netanyahou était alors premier ministre et il devrait s’en souvenir avant de reprendre des discussions avec les “modérés” comme Fayyad ou Abou Mazen.

    Hussein Obama sait tout cela mais rien ne lui fera changer d’avis, les musulmans SONT ses amis et Hilary Clinton approuve. Il n’y a que la Chambre des Représentants pour lui réapprendre la loi américaine.

    Encore une fois Caroline Glick nous rappelle les réalités que les nations refusent de voir et remet à leur place les nouveaux sionistes qui, comme lors des calamiteux accords d’Oslo, confondent humanisme et pétainisme.

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