«Le monde se relève de la crise»

Le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, a été reçu dans le Centre polyvalent d’Herzliya, pour un colloque centré sur l’économie. «La consolidation des systèmes économiques s’est passée sans trop de problèmes, c’est la phase la plus simple du traitement apporté à la crise, car tout le monde était d’accord. Quand la maison est en flammes, tout le monde intervient pour éteindre le feu ou alors, on prend la fuite. Mais quand, ensuite, il a fallu se tirer d’affaire et surmonter la récession, le problème est devenu plus compliqué, car la façon de le traiter ne fait pas l’unanimité. Mais la récession fait partie à présent du passé, et les pays membres de l’Ocde suivent une croissance de 2% cette année. C’est très peu, certes, mais c’est une croissance», a-t-il déclaré lors du discours qu’il a prononcé. Il a défini le problème auquel doit faire face l’Europe: «Nous devons relancer l’économie mais aussi éponger les dettes provoquées par les sommes considérables qu’il a fallu débourser pour relancer l’économie. Se battre sur ces deux fronts explique pourquoi les progrès sont hésitants.» Il a parlé du problème du chômage, y compris aux Etats-Unis: «Aux Etats-Unis, le taux de chômage est supérieur à 10%, mais il atteint en réalité les 17%. La tragédie américaine dépasse celle de nombreux pays occidentaux. De nombreux chômeurs sont des jeunes qui envisagent leur avenir difficilement. Et les Etats-Unis, bien plus que les pays européens, s’endettent de plus en plus pour tenter de contenir le problème du chômage, qui est le plus brûlant chez eux. Je ne me fais pas de soucis pour les Américains, qui devraient combler leur déficit bien plus facilement que l’Irlande ou le Portugal, mais je ne saisis pas très bien en quoi cette dette apporte une solution à la stabilité économique américaine, ou à la croissance chez eux.» Les banques se plient, selon lui, aux exigences de la conjoncture économique, mais cette réalité provoque bien des problèmes: «Etant donné la situation, des banques de la plus grande importance sont contraintes de fixer le taux d’intérêt à 0%. Par conséquent, les capitaux sont attirés vers de nouveaux pôles d’attraction, comme l’Inde ou la Chine. Un autre danger se crée: des bulles financières se forment dans ces endroits.» Les participants israéliens à ce congrès ont préféré ne pas répondre et ne pas voir dans ses propos une allusion concernant Israël qui est entré dans l’OCDE le 7 septembre dernier, après plus de 14 ans d’attente. Cependant, le président de l’organisation a choisi de féliciter Israël pour sa croissance appréciable, ainsi que pour sa situation économique en général: «Vous avez moins de dette, moins de déficit, et moins chômage que la plupart des autres Etats. Il me semble que les Israéliens n’ont pas l’habitude que l’on leur adresse des compliments, et qu’ils en sont surpris, mais vous les méritez. Toutefois, il vous faut vous mesurer à d’autres défis très importants, comme l’éducation, les hautes études, la préservation de votre supériorité technologique, et surtout l’absorption des catégories socioculturelles en marge de la société, comme les Arabes, les orthodoxes, ou les immigrants d’Ethiopie dans la société israélienne. C’est, à mon avis, une condition sine qua none pour garantir le bon fonctionnement de la société israélienne, en tant que société normale.» Gurrria a rencontré le gouverneur de la Banque, Stanley Fisher, pour terminer un programme chargé qui a commencé dimanche matin à Jérusalem, où il a été l’hôte du gouvernement et de sa réunion hebdomadaire. Après un crochet à Tel-Aviv, il est arrivé à Herzliya où il a rencontré Fisher avec une heure de retard sur le programme prévu initialement, en raison d’importants embouteillages. Fisher a remis en question le sens de la logique de son invité: «Gouria a établi son parcours en se fondant sur la logique considérée comme »normale » dans le reste du monde. Il s’est figuré que le trajet de Jérusalem à Tel-Aviv lui prendrait une demi-heure et que le trajet de Tel-Aviv à Herzliya lui prendrait un quart d’heure. Je pense qu’il devait probablement avoir raison et que si des reproches doivent être adressés à quelqu’un ici, c’est bien à nous.»

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