Rapport du contrôleur de l’Etat

Le contrôleur de l’Etat, Micha Lindenstrauss, a été extrêmement sévère envers le gouvernement et n’a épargné personne. Selon les résultats de ses enquêtes, le Premier ministre a repoussé une décision qu’il devait prendre concernant l’amélioration du système d’extinction des incendies. Le ministre de l’Intérieur, Elie Yshaï, s’est contenté de mettre en garde, sans prendre de mesures effectives; le ministre des Finances, Steinitz, a certes exigé une réforme, mais sans débloquer les fonds indispensables. Quant au ministre de la Défense, Ehoud Barak, il est resté sans rien faire. «La réaction du pouvoir est déplorable, et surtout chez les décideurs», mentionne Lindenstrauss dans le rapport. Les différents ministres se seraient déresponsabilisés, chacun comptant sur les autres membres du gouvernement pour mettre fin à l’incendie. Le rapport se compose de trente-huit pages: «Le fait que le traitement de la crise par le vice Premier ministre et ministre de l’Intérieur, M. Elie Yshaï, avec la collaboration du ministère des Finances et du ministère de la Défense, a été extrêmement long et n’a pas promu de solutions pratiques ni de programmes en commun, est un échec cuisant lourd de conséquences, et qui signifie l’abandon de la population civile en état d’urgence.» Le contrôleur critique vivement le manque d’action engagée depuis le dernier rapport qui date de la fin de la seconde guerre du Liban. La situation est pour lui bien plus grave aujourd’hui. «Cet échec qui se prolonge incombe tout d’abord au ministère de l’Intérieur et à celui qui le dirige, en tant qu’autorité ministérielle de laquelle dépendent les infrastructures liées au traitement des incendies.» Le ministère de l’Intérieur se voit reprocher de ne pas avoir rédigé de projet de loi suite à une décision du gouvernement Olmert en 2008: «Le 11 mai 2008, le gouvernement d’Olmert a pris la décision de mettre en place une autorité nationale chargée de la responsabilité des services d’extinction et de sauvetage. C’est un dysfonctionnement qui dure depuis des années, dont dépendent de nombreuses vies humaines, et qui peut être à l’origine de pertes matérielles considérables qui relève de la responsabilité tout d’abord du ministre de l’Intérieur, mais également des ministres des Finances et de la Défense. Ils doivent apporter une solution au plus vite, et le plus tôt sera le mieux». De son côté, le ministre Yshaï a fait savoir, lors de sa rencontre avec la commission nommée par le bureau du contrôleur de l’Etat, qu’il avait remis en mai dernier une demande d’ajout de 665 millions de shekels pour son ministère afin d’augmenter les effectifs et d’équiper les pompiers de nouvelles pompes à incendies, ainsi que d’améliorer leur équipement au niveau de la communication. Cependant, Yshaï n’occupe le poste de ministre de l’Intérieur que depuis avril 2009. Son prédécesseur, Meir Shetrit, concerné lui aussi par le rapport, a réagi: «J’ai pris la direction de toutes les démarches destinées à préparer un projet de loi gouvernemental qui devait mettre en place un système à l’échelle nationale pour prendre en charge le traitement des incendies, et qui aurait soustrait de l’autorité des collectivités locales cette responsabilité. Mais, avant que la loi ne soit prête, la Knesset a été dissoute, et j’ai remis le dossier à mon successeur, Elie Yshaï.» Le ministre Ehoud Barak apparait comme totalement passif. Le rapport rappelle que dès avril 2007, le gouvernement avait chargé Barak de la responsabilité du «traitement de la population civile dans tous les cas d’urgence.» Or, «il ne s’est jamais impliqué concrètement dans un travail d’équipe avec le ministère de l’Intérieur, ni avec le Premier ministre ou l’ensemble du gouvernement, pour arranger le système devant gérer des incendies qui pourraient menacer la population civile; ou de la mise au point de toute solution pratique devant réorganiser le système pour le rendre réellement efficace», constate encore le rapport. Le contrôleur conclut en ces termes: «La majeur partie des leçons de la seconde guerre du Liban n’ont pas été retenues, les insuffisances n’ont pas été arrangées et nous pouvons encore aujourd’hui constater le manque de coordination entre les différentes autorités concernées. (…) A nouveau, les dysfonctionnements du passé se sont matérialisés sous nos yeux. (…) Ce rapport, à mon grand regret, ne sera pas le dernier à soulever des sujets douloureux si les responsables ne tirent pas au plus vite les conclusions qui s’imposent. Je me permets de penser en moi-même qu’il faut prendre des mesures dont je ne donnerai pas ici le détail pour briser l’adage toujours de mise: « Les chiens aboient, la caravane passe ».»

Lire l’article complet sur israel7.com

Share This

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.