Manouchahr Mottaki paie les échecs de la politique étrangère de l’Iran

Ali Akbar Salehi, le nouveau ministre iranien des Affaires étrangères à titre intérimaire, est qualifié par les diplomates occidentaux de “modéré”. Il est diplômé de l’Institut technologique du Massachusetts (Institute of Technology – MIT) aux Etats-Unis en 1977, quand l’Iran et les Etats-Unis étaient des alliés. Leur coopération a officiellement été stoppée au lendemain de l’arrivée de Khomeïny au pouvoir, après la victoire de la Révolution. Le limogeage par le président iranien Mahmoud Ahmadinedjad du ministre des Affaires étrangères, Manouchahr Muttaki, alors qu’il était en visite au Sénégal, et son remplacement provisoirement par le chef de l’Organisation atomique iranienne, Ali Akbar Salehi, attestent d’un véritable malaise politique à Téhéran et d’une tentative de gagner du temps, quelques semaines avant la reprise des négociations sur le programme nucléaire iranien prévue à Istanbul, en janvier 2011, entre la République islamique et le groupe 5+1 (composé des cinq pays membres permanents du Conseils de sécurité de l’ONU et de l’Allemagne). Le changement intervenu à la tête de la diplomatie iranienne est significatif : D’une part, Muttaki a payé seul – pour l’instant – les échecs de la politique extérieure iranienne qui n’a su ou voulu éviter la confrontation avec la communauté internationale (sur le nucléaire). Cette politique ayant suscité le mécontentement populaire du fait des sanctions économiques, qui commencent à se faire sentir, le régime avait besoin de sacrifier des têtes. Pourtant, c’est l’ensemble de la classe dirigeante, y compris le Guide Ali Khamenaï, qui en est responsable. D’autre part, en remplaçant Mottaki, les Iraniens pensent pouvoir gagner du temps et tromper la communauté internationale. La manœuvre est subtile : le nouveau ministre est un vieil ami de l’Occident, où il fut étudiant, puis ambassadeur et représentant de l’Iran à l’AIEA – sous Mohammed Khatami – et membre de l’académie de physique théorique en Italie. C’est Salehi qui avait paraphé l’accord entre Téhéran et l’AIEA, en décembre 2003, sur le protocole additionnel qui devait permettre à l’Agence internationale d’inspecter les installations iraniennes. Enfin, Mottaki a aussi servi de fusible après son échec à résorber la crise avec le Nigeria et la Namibie. Le premier a porté l’affaire des armes saisies au port de Lagos devant le Conseils de sécurité, accusant Téhéran de violer les sanctions sur les armes, le second ayant rompu ses relations avec l’Iran . A ce stade, les observateurs sont divisés sur l’évaluation du changement opéré aujourd’hui. Les plus optimistes espèrent que Salehi puisse influencer la politique iranienne et conclure un accord sur son programme nucléaire avec les 5+1. Les plus pessimistes continuent de redouter la politique de Téhéran, ses tergiversations et ses tentatives de gagner du temps. Après tout, ils estiment que pendant les négociations, les scientifiques iraniens poursuivent leurs travaux pour parvenir à un fait accompli. N’est-ce pas le même Salehi qui avait annoncé, la veille des négociations de Genève (début décembre), que l’Iran a désormais son premier ” Yellow Cake ” ? . Comment les optimistes peuvent-ils encore justifier leur optimisme ? Car, pendant ce temps, Téhéran continue de faire diversion en appuyant le terrorisme, qu’il soit sunnite (Al-Qaïda, Hamas…) ou chiite (Hezbollah, Al-Houthi…) et tente de déstabiliser l’ensemble de la région (depuis l’Afghanistan jusqu’en Afrique, en passant par le Pakistan, l’Irak, le Yémen, l’Arabie, le Bahreïn et le Liban…). Khaled Asmar © . toute utilisation, merci de toujours mentionner la source ” MediArabe.info “

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